La région Grand Est supprime plusieurs aides destinées aux vacances d’enfants défavorisés

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Dans un contexte de rigueur budgétaire, la Région Grand Est a décidé de ne plus financer plusieurs associations qui organisent des séjours pour des enfants issus de familles modestes. Une décision qui suscite une vive inquiétude dans le monde associatif.

Publié : 7h11 par
Des centaines d'enfants défavorisés pourraient rester sans vacances
Des centaines d'enfants défavorisés pourraient rester sans vacances. Crédits : R.Doucelin / Sipa

Les conséquences pourraient se faire ressentir dès cet été pour des centaines, voire des milliers d'enfants. La Région Grand Est a décidé de ne pas reconduire les subventions qu'elle versait chaque année à plusieurs associations spécialisées dans le tourisme social et solidaire. Officiellement justifiée par un budget 2026 particulièrement contraint, cette coupe budgétaire frappe des structures qui permettaient à des enfants issus de familles modestes de partir en vacances.

Trois associations en première ligne

Trois structures alsaciennes sont directement touchées. La Jeunesse au Plein Air (JPA), qui regroupe 39 structures, perdait 53 000 euros annuels et permettait à quelque 700 jeunes de partir chaque été depuis 2018. Le Secours populaire, privé de 39 000 euros, organisait grâce à cette enveloppe la Journée des oubliés des vacances, qui bénéficiait chaque été à près de 2 000 enfants de 8 à 13 ans. Caritas-Secours Catholique Alsace, enfin, avait perçu 10 000 euros en 2025 ; anticipant la coupe, elle a déjà réduit son programme de cinq camps à un seul, financé sur fonds propres.

La Région assume, mais reconnaît la difficulté

La vice-présidente régionale en charge de la vie associative, Elisabeth Del Genini, assume la décision tout en la qualifiant d'extrêmement difficile. Elle avance deux arguments : un budget sous forte contrainte, et le fait que le soutien aux vacances des enfants de moins de 15 ans ne relève pas des compétences obligatoires d'une région, cette responsabilité incombant aux communes, aux départements, aux CAF et à l'État.

Un manque à gagner aussi pour les territoires

Les associations soulignent un impact qui dépasse les seuls enfants concernés : plus de 75 % des séjours organisés pour des jeunes du Grand Est ont lieu dans la région, notamment dans les Vosges. L'argent des subventions était donc aussi un levier économique local. Le Département de Meurthe-et-Moselle a réagi en rappelant que les vacances ne sont pas un luxe, mais un temps essentiel de construction personnelle pour les enfants. Appels aux dons, pétitions en ligne, recherche de nouveaux partenaires : les associations ne baissent pas les bras. Certaines tentent même de solliciter la Région sur d'autres lignes budgétaires, comme le transport, qui relève de ses compétences obligatoires.

En France, un enfant sur trois ne part pas en vacances. Cinq millions d'enfants sont concernés selon l'Observatoire des inégalités. Cette décision régionale s'inscrit par ailleurs dans un contexte national difficile, après la suppression du dispositif des colos apprenantes, qui avait bénéficié à 400 000 enfants, du budget 2026 de l'État.