MICHEL POLNAREFF - TAM TAM
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MICHEL POLNAREFF - TAM TAM
Voilà une chanson contre la civilisation moderne, enregistrée dans un studio londonien ultramoderne, par un homme qui vit dans le désert californien près de Los Angeles. Et qui a été produite avec l’aide d’un certain Hans Zimmer — alors simple musicien de studio, avant de devenir le compositeur de musiques de films le plus célèbre du monde. L’histoire de Tam Tam est celle d’un comeback aussi improbable que réussi.
D’abord, l’homme. Michel Polnareff naît le 3 juillet 1944 à Nérac, dans le Lot-et-Garonne, fils d’un musicien qui travaillait pour Édith Piaf et d’une mère danseuse. Premier prix de solfège au Conservatoire de Paris à douze ans, guitare en bandoulière sur les marches du Sacré-Cœur quelques années plus tard. En 1966, Love Me Please Love Me le propulse au sommet. Les lunettes blanches, la voix de fausset, l’effronterie — Polnareff devient une icône de la pop française. Puis en 1972, il pose fesses nues sur les affiches de son spectacle à l’Olympia. Un scandale qui fait les unes des journaux. La légende est lancée.
Mais en 1973, tout s’effondre. Son homme de confiance l’a escroqué — comptes vidés, impôts impayés, dettes au fisc. Sa mère décède la même année. Polnareff s’exile aux États-Unis le 10 octobre 1973 et s’installe dans le désert, près de Los Angeles. Il enregistre quelques albums en anglais qui n’percent pas vraiment outre-Atlantique, entretient avec la France une relation épistolaire à travers des singles nostalgiques — dont Lettre à France en 1977, vendue à 476 000 exemplaires dans le pays, juste assez pour lui permettre de rentrer brièvement régler une partie de sa dette fiscale.
En 1981, il prépare son grand retour avec l’album Bulles, enregistré entre Londres et New York. C’est là que débarque dans ses sessions un jeune Britannique d’origine allemande, Hans Zimmer, alors simple claviériste et arrangeur à la recherche de petits boulots en studio. Les paroles de Tam Tam, elles, sont signées Jean-Paul Dréau — à qui l’on doit aussi Le Coup de soleil de Richard Cocciante. Le texte est une charge directe contre la modernité urbaine : les tours Eiffel, le macadam, les vitamines en comprimés, les animaux dans les zoos. “J’veux partir, redevenir un homme préhisto, avec rien sur la peau, jouer du tam tam tam.” Un cri de liberté primaire — enregistré avec des synthétiseurs dernier cri.
Bulles sort en 1981 et se vend à 800 000 exemplaires. Tam Tam est l’un des trois titres phares de l’album, massivement diffusé sur les radios FM naissantes. Michel Polnareff est de retour. Aujourd’hui, à 82 ans, il vit toujours à Los Angeles. Il a annoncé en mars 2025 sa séparation d’avec Danyellah, sa compagne de vingt ans. Seul dans le désert californien, comme toujours. Mais la musique, elle, n’a jamais arrêté.
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