Harcèlement : en Meurthe-et-Moselle, une Convention citoyenne débouche sur cinq premières mesures

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Le conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a dévoilé le 1er octobre les conclusions de sa Convention citoyenne sur le harcèlement. Seize recommandations ont été formulées, et cinq premières résolutions sont déjà adoptées, dont un appel à projets de 50 000 euros pour les collèges. Pour les onze autres, le Département promet un point d’étape dans un an.

Publié : 8h23 par
Harcèlement : en Meurthe-et-Moselle, une Convention citoyenne débouche sur cinq premières mesures

C’est un sujet qui touche directement les collèges, la protection de l’enfance, la santé, le handicap et la vie associative. Le Département de Meurthe-et-Moselle a rendu publiques, jeudi 1er octobre à l’Hôtel du Département, les conclusions de sa Convention citoyenne sur le harcèlement, lancée en février.

Pendant plusieurs mois, des experts, des jeunes et vingt citoyens tirés au sort ont travaillé ensemble. Le panel comptait 12 femmes et 8 hommes âgés de 18 à 65 ans, issus des six territoires du département. De ces échanges sont sorties seize recommandations.

Cinq résolutions déjà adoptées

Cinq d’entre elles ont été transformées en résolutions :

  • une exposition départementale itinérante sur les harcèlements, construite avec les jeunes ;
  • un appel à projets de 50 000 euros pour les collèges, afin de soutenir des initiatives de prévention (vidéo, podcast, théâtre, actions entre pairs…) ;
  • un partenariat culturel autour d’un spectacle consacré au sujet ;
  • un espace « harcèlement » sur le site internet du Département, qui regroupera les ressources et les contacts utiles ;
  • la diffusion du signe physique d’appel à l’aide, avec une réponse organisée quand il est utilisé.

Ce qui a été voté, c’est le principe de ces mesures. L’exposition, par exemple, n’a encore ni lieu ni date : le Département vise une mise en place courant 2027, « le plus tôt possible ».

« Un choix d’opportunités techniques »

Pourquoi ces cinq-là d’abord ? Émilien Martin-Triffandier, conseiller départemental délégué à la participation citoyenne, répond que le choix n’est pas politique. Il s’agit selon lui de propositions réalisables avant le 31 décembre avec les moyens restants du budget de la participation citoyenne. « Ce n’est pas forcément les propositions les plus importantes politiquement qui sont choisies. » Le signe d’alerte, par exemple, était moins prioritaire pour les citoyens mais pouvait être mis en œuvre tout de suite.

Les onze autres recommandations continuent d’être étudiées par les services du Département. L’élu veut leur faire une place dans le budget 2027, pour en mettre en œuvre un maximum avant mars 2028, date de la fin du mandat. Il reconnaît toutefois qu’il ne peut pas promettre de tout réaliser, avec deux ans de mandat et un contexte financier contraint pour les collectivités.

« On aurait pu faire comme la convention citoyenne pour le climat et mentir », affirme-t-il, assurant avoir « préféré être honnête » avec les participants. Le Département s’est engagé à leur présenter un point d’étape dans un an : ce qui a été lancé, ce qui ne l’a pas été, et pourquoi.

Seize recommandations, dont cinq déjà adoptées sous forme de résolutions
Émilien Martin-Triffandier
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang

Une première expérience

L’élu insiste sur la nécessité d’écouter les citoyens, et notamment ceux qui ont connu le harcèlement : victimes, témoins ou auteurs. La Convention a d’ailleurs volontairement élargi le sujet. Le Département avait constaté, avec la Tribune des collégiens, que se limiter aux établissements scolaires ne suffisait pas. Les citoyens ont donc pu travailler sur toutes les formes de harcèlement et tous les lieux, avant d’être ramenés aux compétences départementales.

Pour Émilien Martin-Triffandier, cette première expérience, menée « à tâtons », en appelle d’autres.

Pourquoi ne pas laisser ce sujet aux seuls élus ?
Émilien Martin-Triffandier
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang

Que faire en cas de harcèlement ?

En attendant la mise en place des mesures, l’élu rappelle le réflexe à avoir pour toute personne victime ou témoin : le 3018, numéro national. Il est aussi possible de se rendre dans les maisons des solidarités du département, où les assistants sociaux seront mieux formés pour recueillir la parole des victimes.