Monoxyde de carbone : 514 intoxiqués en 2025 dans le Grand Est, l’ARS relance sa campagne de prévention

InfosSanté

Invisible, inodore, non irritant : le monoxyde de carbone (CO) tue encore. À l’approche de l’hiver, l’Agence régionale de santé appelle à la vigilance et rappelle les gestes qui sauvent.

Publié : 19h32 par
150 épisodes d'intoxication au CO ont été enregistrés dans la région en 2025.
150 épisodes d'intoxication au CO ont été enregistrés dans la région en 2025.
Crédit : Pixabay

Le froid s’installe, les chauffages se rallument, et avec eux revient un danger que l’on ne voit ni ne sent.

L’Agence régionale de santé Grand Est lance sa campagne annuelle de prévention des intoxications au monoxyde de carbone, un gaz aussi discret que redoutable.

Un bilan régional qui reste lourd

Chaque année en France, environ 4 000 personnes sont victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone. Si des cas sont recensés toute l’année, la grande majorité survient pendant la période de chauffe, entre octobre et mars.

Dans le Grand Est, l’année 2025 a donné lieu à 150 épisodes d’intoxication, qui ont touché 514 personnes. Parmi elles, 187 ont dû être hospitalisées et 2 sont décédées. Ces chiffres ne comptabilisent ni les intoxications volontaires, ni celles liées à des incendies, ni celles survenues en milieu professionnel.

Des appareils défectueux, des gestes à risque

Dans la plupart des cas, l’intoxication a lieu à domicile, à cause du dysfonctionnement ou du mauvais usage d’appareils de chauffage, de production d’eau chaude ou de combustion. Mais le danger guette aussi les établissements recevant du public, les lieux de culte et les milieux professionnels.

Les causes sont connues : systèmes de chauffage vétustes, appareils ou conduits d’évacuation mal entretenus, aérations calfeutrées, ou encore recours à des moyens inadaptés pour se chauffer, comme les braseros.

Maux de tête, nausées, confusion : les signaux d’alerte

Les symptômes les plus fréquents sont les maux de tête, les nausées, la confusion mentale et la fatigue. Ils apparaissent plus ou moins vite selon la concentration de CO dans l’air et peuvent toucher plusieurs membres du foyer en même temps.

Dans les cas les plus graves, l’intoxication peut conduire au coma, voire au décès.

Des publics plus vulnérables

Tout le monde peut être touché, mais certaines personnes sont plus exposées :

  • Les femmes enceintes, car l’hémoglobine du fœtus se lie plus facilement au CO que celle de l’adulte ;
  • Les jeunes enfants, qui respirent plus vite que les adultes. Pour la même raison, un adulte qui fait un effort physique s’intoxique plus rapidement qu’une personne au repos ;
  • Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, de troubles thyroïdiens, d’asthme ou d’anémie, chez qui les symptômes se développent plus vite ;
  • Les personnes âgées, qui peuvent présenter des troubles cardiorespiratoires non diagnostiqués.

En cas de suspicion : les bons réflexes

Face à un doute, quelques gestes simples réduisent considérablement les risques :

  1. Aérer les locaux sans attendre.
  2. Arrêter si possible les appareils à combustion et quitter les lieux.
  3. Appeler les secours depuis l’extérieur : le 15, le 18 ou le 112 (le 114 pour les personnes malentendantes).
  4. Obtenir l’avis d’un professionnel qualifié avant de réintégrer les locaux.

Prévenir : des règles simples, souvent décisives

Ces accidents sont le plus souvent évitables. L’ARS rappelle les principales mesures de prévention :

  • Faire vérifier et entretenir chaque année les installations de chauffage et de production d’eau chaude, ainsi que les conduits de fumée (ramonage mécanique), par un professionnel qualifié.
  • Ne jamais utiliser de façon prolongée un chauffage d’appoint à combustion.
  • Ne jamais se chauffer avec des appareils non prévus à cet effet : cuisinière, brasero, barbecue.
  • Ne jamais obstruer les grilles de ventilation, même par grand froid.
  • Aérer son logement au moins 10 minutes par jour, même en hiver.
  • Installer les groupes électrogènes impérativement à l’extérieur des bâtiments, et jamais dans une cave, un garage ou une remise.

Une campagne à relayer par les collectivités et les professionnels

Comme chaque année, l’ARS Grand Est met à disposition, tout l’hiver, des outils de communication destinés aux collectivités et aux professionnels en contact avec le public : dépliants d’information, affiches et visuels pour les réseaux sociaux.

Ils sont téléchargeables sur le site de l’agence, qui propose également des pages dédiées à la prévention, dont une section spécifique pour les collectivités.