Vosges : les Restos du Cœur serrent la ceinture, un repas en moins par semaine
Alors que la campagne d'hiver débute le 12 novembre prochain, la situation économique, la baisse des subventions et la hausse de la précarité exigent la prise de décisions complexes aux Restos du Cœur.
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Carburant plus cher, dons en baisse, bénéficiaires toujours plus nombreux : l’antenne vosgienne de l’association doit réduire sa dotation avant d’entamer sa campagne d’hiver, le 12 novembre.
Son président parle d’un « crève-cœur ».
Un repas de moins pour chaque bénéficiaire
C’est une décision que personne ne voulait prendre. Dans les Vosges, les Restos du Cœur réduisent leur aide : une personne seule passera de sept à six repas par semaine, et chaque membre d’une famille de six à cinq.
Pour Philippe Jasko, président de l’antenne départementale, le choix a été imposé par les circonstances. « Contraints et forcés », les responsables ont dû baisser d’un repas la dotation habituelle. Il évoque des « mesures draconiennes », qu’il qualifie de « véritable crève-cœur » pour les bénévoles.
Cette réduction touche uniquement la dotation en repas : aucune autre aide n’est amputée pour l’instant, précise-t-il.
Un « effet ciseau » qui dure depuis plusieurs années
Ce n’est pas la première fois que l’association doit ajuster son aide à la baisse. Depuis plusieurs années, les Restos vosgiens font face à une équation difficile : situation économique tendue, subventions publiques en recul, dons de particuliers moins élevés et précarité croissante.
Le président décrit un « effet ciseau » qui rend les perspectives financières particulièrement sombres.
Des Vosgiens toujours généreux, mais avec moins de moyens
Les Vosgiens ne se détournent pas de l’association. Le nombre de donateurs reste stable, assure Philippe Jasko, qui salue la générosité du « Vosgien de nature ». Mais le contexte économique pèse sur les portefeuilles : les montants donnés, eux, diminuent sensiblement.
Côté denrées, les volumes collectés se maintiennent, mais la qualité se dégrade. Les produits d’excellente qualité se raréfient. « En période de crise économique, on a de moins en moins de denrées d'excellente qualité puisqu'elles sont vendues ou placées dans les rayons de dernière limite que tous les magasins maintenant, à juste titre, mettent en place », précise le président des Restos du Cœur des Vosges. Les bénévoles doivent donc trier davantage.
Le gasoil, un poste à 15 000 euros par an
L’association doit aussi composer avec la hausse du coût de la vie. Le gasoil, autour de 2,50 euros le litre selon le président, alourdit la facture, même si une baisse d’une dizaine de centimes est annoncée. Les Restos vosgiens alimentent régulièrement 25 centres avec leurs propres véhicules.
Le carburant représente aujourd’hui un poste d’environ 15 000 euros par an. Une somme qu’il faut trouver auprès des donateurs et des financeurs, et qui s’ajoute aux dépenses de fonctionnement nécessaires pour faire tourner l’action des 550 à 600 bénévoles du département.
Plus de 8 000 familles attendues
Parallèlement, la demande ne cesse de croître. Les inscriptions pour la campagne d’hiver sont en cours, et l’association anticipe une hausse d’environ 10 %.
Elle pourrait ainsi accueillir plus de 8 000 familles dans le département, un niveau qui, selon son président, « crève tous les plafonds » au regard du nombre de bénévoles disponibles.
Cinquante bénévoles recherchés
Face à cette situation, Philippe Jasko lance un appel au « don de soi », qu’il juge « peut-être encore plus important » qu’un don financier ou alimentaire. L’association cherche une cinquantaine de bénévoles supplémentaires, pour alléger la charge de ceux qui sont déjà sur le terrain.
Quelques heures, voire une demi-journée par semaine, suffisent. Et toutes les missions ne se déroulent pas en distribution alimentaire : l’association a aussi besoin de personnes pour le secrétariat, la livraison, la trésorerie, au niveau local comme départemental. « Que l’on habite La Bresse, Épinal ou Neufchâteau, un centre se trouve toujours à proximité », assure le président.
Une campagne d’hiver sous le signe de l’enthousiasme
La campagne d’hiver, la plus difficile en raison du climat, débutera le 12 novembre. Le président dit aborder cette échéance avec un mélange d’inquiétude et d’enthousiasme, « toujours autant d’enthousiasme, avec moins de moyens ».
Après 42 ans d’existence, l’association n’entend pas renoncer à sa mission. Pour conclure, Philippe Jasko a choisi de citer Coluche, fondateur des Restos : « Je compte sur vous. »
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