Volley : après l’annulation du match à Bordeaux, Saint-Dié-des-Vosges dénonce un report imposé et 6 000 € de frais à sa charge

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Le 17 octobre, la rencontre entre Bordeaux Mérignac et les Louves de Saint-Dié-des-Vosges a été annulée par arrêté préfectoral, une heure et demie avant le coup d’envoi. Trois semaines plus tard, le club vosgien affirme avoir perdu près de 6 000 €, sans aucune prise en charge de la Ligue nationale de volley (LNV). Il conteste aussi la date de report fixée au 25 novembre, qui supprime sa seule semaine de repos de la première phase.

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Volley : après l’annulation du match à Bordeaux, Saint-Dié-des-Vosges dénonce un report imposé
Crédit : @mathias.leonard_

Le samedi 17 octobre, les Louves devaient affronter Bordeaux Mérignac en Saforelle Volstar, à 19h. À 17h31, le club girondin a reçu un arrêté de la préfète de la Gironde interdisant la rencontre, en raison des risques de débordements liés aux manifestations. Le sous-préfet a confirmé la décision quelques minutes plus tard, et le match a été annulé.

Les Vosgiennes étaient pourtant sur place depuis la veille, au terme de trois jours de déplacement et de près de 1 000 kilomètres. Joueuses, staff et arbitres ont été maintenus à l’intérieur du Palais des Sports, considéré par les autorités comme un lieu sécurisé. Le club tient à saluer l’accueil de Bordeaux Mérignac, de ses bénévoles et de ses supporters, et rappelle que la décision n’est imputable à aucun des deux clubs.

« Vous avez joué de malchance »

Ce déplacement devenu inutile coûte au club environ 6 000 €, qu’aucune assurance ne couvre. Dès le 19 octobre, le président Adrien Christophe a demandé à la LNV si ses règlements prévoyaient une prise en charge, même partielle, ou si un fonds de solidarité pouvait être mobilisé. Selon le club, le président de la Ligue, Jean Azéma, s’est contenté de répondre : « Vous avez joué de malchance ». Une seconde demande, le 30 octobre, est restée sans réponse.

Un report au 25 novembre, « contre l’avis des deux clubs »

Par procès-verbal du 30 octobre, la Commission sportive de la LNV a fixé le report au mercredi 25 novembre, décision confirmée le 3 novembre. Le club y voit plusieurs difficultés. Cette date tombe dans la semaine de la journée d’exemption des Louves, le 28 novembre, et leur retire donc leur seule semaine de repos sur la première phase, alors que les autres clubs exempts la conservent intégralement. Aucun vol n’est par ailleurs disponible : l’équipe devra faire la route, environ dix heures à l’aller comme au retour, en plein milieu de semaine. Enfin, ce second déplacement isolé en Gironde s’ajoutera aux 6 000 € déjà perdus.

Dès le 19 octobre, Saint-Dié avait proposé de jouer à Bordeaux à la mi-décembre, juste avant le déplacement à Béziers du samedi 19 décembre, pour regrouper les deux matchs en un seul voyage dans le Sud-Ouest. Les deux clubs s’étaient entendus sur une date. Mais, selon le club vosgien, la Ville de Bordeaux refuse d’installer le sol sportif (taraflex) au Palais des Sports cette semaine-là, et la LNV n’autorise pas la tenue du match sans ce revêtement.

Pour Saint-Dié, la situation dépasse son seul cas. Le Palais des Sports, en plein centre-ville, est directement exposé aux manifestations. Le club appelle à « une réponse collective » : que la Ville garantisse un équipement disponible à son club professionnel, et que la Ligue anticipe ces situations plutôt que d’en faire porter le coût aux clubs visiteurs.

« Nous ne contestons ni la décision de la préfecture, ni la priorité donnée à la sécurité. Mais nous refusons que ce soit à un club visiteur, qui n’y est pour rien, d’en payer seul le prix. Nous avons perdu 6 000 €, on nous répond que c’est la malchance. Et on nous impose maintenant de retourner à Bordeaux à une date que nous n’avons pas pu choisir, en sacrifiant la seule semaine de repos de nos joueuses et en engageant de nouveaux frais. Nous demandons simplement de l’équité. »
— Adrien Christophe, président de Saint-Dié-des-Vosges Volley-Ball

Le club demande à la LNV :

  • une prise en charge, au moins partielle, des frais du déplacement du 17 octobre ;
  • le réexamen de la date de report ou, à défaut, des mesures compensant la perte de la semaine de récupération et les frais du second déplacement ;
  • une réflexion sur l’anticipation de ces situations : informer plus tôt les clubs visiteurs pour éviter des déplacements inutiles, et étudier un huis clos lorsque la sécurité des équipes peut être garantie.

Saint-Dié-des-Vosges Volley-Ball se dit disponible pour échanger avec la Ligue et Bordeaux Mérignac afin de trouver « une issue juste », et se réserve la possibilité d’exercer les voies de recours ouvertes contre la décision du 30 octobre.