Plus de 2 000 infirmières Asalée privées de salaire : « On réclame juste de la dignité »
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En cause, un conflit entre l’association Asalée et la Caisse nationale d’assurance maladie.
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Depuis le 31 janvier 2026, plus de 2 000 infirmières Asalée, réparties sur tout le territoire français et dans les DOM-TOM, ne perçoivent plus leur salaire. À l’origine de cette situation, un conflit entre l’association Asalée, qui coordonne ces infirmières, et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), principal financeur de l’association.
Émilie Sanchez, infirmière Asalée à la Maison de Santé de Vézelize, décrit une situation « très critique » : « Nous continuons de rencontrer nos patients malgré tout, mais c’est compliqué. Entre l’envolée du prix du carburant et l’absence de salaire, réussir à venir travailler relève parfois de l’exploit. Et être pleinement à l’écoute de nos patients quand on est soi-même affaibli moralement, c’est un défi quotidien. »
L’association Asalée collabore avec plus de 9 000 médecins et intervient principalement auprès de patients atteints de maladies chroniques, comme le diabète ou l’hypertension. Les infirmières réalisent aussi de nombreux dépistages de santé publique, allant des troubles cognitifs chez les personnes âgées au dépistage du surpoids chez l’enfant, en passant par la prévention du cancer. Selon Émilie Sanchez, « nos patients ont besoin de continuité dans leur suivi, et nous sommes souvent les seuls professionnels de santé disponibles en zone rurale. À Vézelize, par exemple, le centre hospitalier le plus proche est à plus de 30 minutes. »
L’arrêt des financements par la CNAM, qui représente plus de 90 % du budget de l’association, est lié à un désaccord entre la gouvernance d’Asalée et l’assurance maladie. Ce différend pourrait trouver une issue ce vendredi 27 mars lors d’une audience au tribunal des affaires économiques à Paris. Deux scénarios sont possibles : soit une cessation de paiement, qui déclencherait des dispositifs d’assurance pour garantir les salaires, soit une liquidation judiciaire, entraînant des licenciements immédiats.
Cette situation met les infirmières dans une incertitude totale. « Aujourd’hui, on n’a plus du tout de salaire depuis le 31 janvier. Comment faire entendre aux enfants qu’il faudra se serrer la ceinture ce mois-ci, et peut-être le mois d’après aussi ? » confie Émilie Sanchez.
Pour se faire entendre, des mobilisations sont prévues jeudi 26 mars devant les CPAM dans plusieurs départements, dont Nancy et Épinal. Émilie Sanchez précise : « Le but n’est pas d’obtenir une convention dès jeudi soir, mais juste d’être vus et entendus dans notre souffrance. Nous réclamons juste de la dignité pour pouvoir continuer à travailler et vivre normalement. »
Pour l’avenir, Émilie Sanchez appelle à une solution durable : « Il faut une vraie convention signée avec la CNAM, qui respecte l’identité et l’image d’Asalée, c’est-à-dire la bienveillance et l’empathie. On nous demande d’être bienveillants avec nos patients, mais nous, on n’a aucune bienveillance en étant traités ainsi. C’est de la violence institutionnelle, clairement. »
Elle insiste sur le rôle crucial des infirmières Asalée dans le suivi des maladies chroniques : « Leurs maladies ne s’arrêtent pas du jour au lendemain. Ils ont besoin de l’infirmière Asalée pour les accompagner. Et pour nous, repartir en système hospitalier classique serait très difficile, car ce n’est plus du tout nos prérogatives pour les patients. »
Cette crise met en lumière la fragilité des dispositifs de santé de proximité et les difficultés des soignants à maintenir un accompagnement constant face à des obstacles financiers et administratifs. « Nous voulons juste pouvoir reprendre notre activité normalement pour nos patients », conclut Émilie Sanchez.
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