Prix à la pompe : le gouvernement dévoile un nouveau paquet d'aides ciblées

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Prime carburant doublée, prolongation des aides sectorielles, bonus pour les taxis électriques… Sébastien Lecornu a annoncé jeudi 1,2 milliard d'euros de soutien au total pour les travailleurs et les entreprises.

Publié : 7h24 par
Prix à la pompe : le gouvernement dévoile un nouveau paquet d'aides ciblées

Face à la crise au Moyen-Orient qui s'éternise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté jeudi soir de nouvelles mesures de soutien lors d'une conférence de presse à Matignon, aux côtés de plusieurs ministres. En abandonnant la stratégie "mois par mois", le gouvernement entend désormais donner une "perspective" plus longue aux travailleurs et aux entreprises les plus touchés par la hausse des prix à la pompe.

Lecornu a prévenu d'emblée : la guerre au Moyen-Orient va "d'une manière ou d'une autre" durer. Dans le scénario le plus optimiste, qu'il dit ne pas retenir, un retour à la normale interviendrait "entre l'été et l'automne". Un scénario noir reste également sur la table.

La prime carburant doublée et simplifiée

Le plafond de la prime carburant employeur passe de 300 à 600 euros. Surtout, ses conditions d'accès sont supprimées : plus besoin de justificatifs ni de critères liés au lieu de domicile ou aux transports en commun. Les employeurs peuvent désormais verser librement cette aide défiscalisée à leurs salariés.

Les "grands rouleurs" et les secteurs les plus touchés prolongés

L'indemnité carburant de 50 euros destinée aux travailleurs modestes est prolongée trois mois, pour juin, juillet et août, portant le total à 100 euros. Elle cible 3 millions de Français et représente en moyenne 20 centimes par litre. Les aides sectorielles pour les agriculteurs, pêcheurs et transporteurs sont également prolongées jusqu'à fin août.

Des mesures spécifiques pour plusieurs professions

Les chauffeurs de taxi pourront bénéficier à partir du 1er octobre d'un bonus écologique allant jusqu'à 5 500 euros pour l'achat d'un véhicule électrique assemblé en Europe. Les aides à domicile verront leurs indemnités kilométriques revalorisées de façon pérenne, représentant environ 200 euros supplémentaires par an pour 10 000 km parcourus. Un programme de leasing social leur sera également dédié, pour un coût de 50 à 100 euros par mois. Les enseignants remplaçants, AESH et agents hospitaliers bénéficieront de la même revalorisation kilométrique du 1er juin au 31 décembre, sans démarche supplémentaire. Dans le BTP, l'aide sur le gazole non routier est élargie aux entreprises de moins de 50 salariés. Enfin, pour les agriculteurs, dont les engrais ont vu leur prix bondir de 70 % depuis le début du conflit, le gouvernement travaille avec Bruxelles pour alléger la facture.

1,2 milliard d'euros au total

Aux 470 millions d'euros déjà engagés en mars et avril s'ajoutent 710 millions d'euros d'annonces supplémentaires, pour un total de 1,2 milliard d'euros. Lecornu a assuré qu'il n'y aurait "pas de proposition d'augmentation d'impôt" dans le budget 2027, mais a insisté sur la nécessité de réaliser des économies. Les aides devront rester, selon le ministre des Comptes publics David Amiel, "ciblées, temporaires et financées".

Une marge de manœuvre budgétaire étroite

Ces annonces interviennent le jour même de la publication du rapport annuel du Fonds monétaire international sur les finances publiques françaises. Si le FMI juge que la réponse du gouvernement à la crise énergétique a jusqu'ici été "appropriée", il appelle à ce qu'elle reste "limitée, temporaire et ciblée", des termes qui font écho à ceux employés par l'exécutif lui-même. L'institution avertit par ailleurs que le conflit au Moyen-Orient devrait peser sur la croissance française, abaissant sa prévision de 0,9 % à 0,7 % pour 2026. Plus préoccupant encore, le FMI estime que le rythme actuel de redressement des finances publiques est "insuffisant" pour ramener le déficit sous le seuil européen de 3 % d'ici 2029 sans mesures supplémentaires. Le gouvernement se trouve ainsi dans un exercice d'équilibriste délicat : répondre à l'urgence sociale sans compromettre la trajectoire budgétaire du pays.