Recrudescence d'attaques de loup dans la Meuse : la préfecture réagit

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En une semaine, quatre exploitations agricoles ont été attaquées entre Bar-le-Duc et Saint-Mihiel. Face à cette recrudescence soudaine, la préfecture de la Meuse a annoncé lundi 4 mai des mesures renforcées, dont la formation de louvetiers autorisés à tirer de nuit.

Publié : 6h56 par
Recrudescence d'attaques de loup dans la Meuse : la préfecture réagit
Crédit : ©Illustration/Adobe Stock

Un prédateur de plus en plus audacieux

Depuis la mi-avril 2026, un loup sème l'inquiétude entre Bar-le-Duc et Saint-Mihiel. En l'espace d'une semaine seulement, quatre exploitations agricoles ont été attaquées, laissant un bilan lourd : sept brebis et un veau tués, ainsi que plusieurs animaux blessés. Parmi les éleveurs touchés, un petit propriétaire de moins de 25 brebis à Villotte-sur-Aire, frappé dès la nuit du 26 avril, ou encore un éleveur de 400 brebis à Nicey-sur-Aire, attaqué dans la nuit du 1er au 2 mai sur une parcelle non équipée de filets anti-loup.

Ce changement de comportement interpelle les services de l'État. Jusqu'ici cantonné à la chasse de gibier sauvage, le loup s'en prend désormais massivement aux troupeaux domestiques. Comme l'explique le sous-préfet de la Meuse, Éric Le Roux : « Ce qui nous interpelle, c'est que nous avions un loup qui s'est beaucoup nourri de bêtes sauvages et là, depuis une quinzaine de jours, il multiplie les attaques dans les élevages. »

Une meute en formation ?

Des prélèvements ADN sont en cours dans chaque ferme afin de déterminer s'il s'agit d'un seul et même individu. Une hypothèse est avancée : le loup aurait trouvé une femelle et chercherait à constituer des réserves de nourriture en prévision d'une portée. Le sous-préfet reste cependant prudent : « On est au stade des suppositions. Dans les départements où le loup est en expansion, et c'est le cas de la Meuse, les attaques se multiplient. »

La préfecture passe à la vitesse supérieure

Face à cette situation, la préfecture a annoncé un renforcement du dispositif. Outre la distribution de clôtures électriques et la sensibilisation des éleveurs aux tirs de défense, des louvetiers, ces chasseurs spécialistes bénévoles nommés par les préfets pour réguler la faune sauvage, vont être formés dans les semaines à venir afin de pouvoir intervenir de nuit si nécessaire.

Ces mesures s'inscrivent dans le cadre d'un programme national 2024-2029 doté de 40 millions d'euros pour le financement de protections anti-loup. En 2025, aucun loup n'avait été prélevé dans la Meuse, tandis qu'au niveau national, 155 individus avaient été abattus.