Congé menstruel et égalité femmes-hommes : la Meurthe-et-Moselle met en place un plan d’action global et assumé
En Meurthe-et-Moselle, l’égalité femmes-hommes n’est plus seulement un principe général, mais un axe structurant de l’action publique.
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En Meurthe-et-Moselle, l’égalité femmes-hommes n’est plus seulement un principe général, mais un axe structurant de l’action publique. Estelle Jung, directrice générale adjointe du conseil départemental, détaille un plan adopté l’an dernier qui vise à transformer en profondeur les pratiques internes comme les politiques publiques.
« Le leitmotiv de ce plan, c’est passer de l’égalité de droit à l’égalité réelle », résume-t-elle. L’ambition est claire : faire de l’égalité un fil rouge et non un sujet isolé. « L’égalité femmes-hommes ne doit pas être un sujet à part, c’est un fil rouge de toutes nos politiques publiques », insiste-t-elle.
Le congé menstruel, nouvelle mesure de qualité de vie au travail
Parmi les dispositifs les plus récents figure la mise en place d’un congé menstruel, entré en vigueur en avril. Il permet aux agentes concernées de bénéficier jusqu’à deux jours d’absence par mois, dans la limite de quinze jours par an, en cas de règles douloureuses ou de pathologies associées.
Pour la collectivité, l’enjeu est d’abord celui de la santé et des conditions de travail. « Quand on a des règles douloureuses, la qualité de vie au travail est dégradée », explique Estelle Jung, en rappelant que les agents du département exercent des métiers très variés, loin du seul travail de bureau.
Le dispositif repose sur un cadre médical, avec la nécessité d’un certificat établi par un médecin. Une approche qui, selon la direction, permet d’assurer à la fois un accompagnement et un meilleur repérage de certaines pathologies comme l’endométriose, souvent diagnostiquée tardivement.
Une réponse encadrée aux enjeux de santé et d’égalité
Ce congé menstruel se veut une alternative au congé maladie classique, qui implique un jour de carence et donc une perte de rémunération. « Le congé maladie pénalise pour le coup les femmes », souligne Estelle Jung. Ici, aucune retenue sur salaire n’est appliquée.
L’objectif n’est pas de multiplier les absences, mais de proposer une réponse adaptée à des situations de santé spécifiques, en complément d’autres solutions comme le télétravail ou l’aménagement des horaires.
Lever le tabou des règles dans le monde du travail
Au-delà du dispositif lui-même, la collectivité revendique un changement culturel. Le sujet des règles reste encore largement tabou dans le monde professionnel, ce que le département entend faire évoluer.
« Ce que l’on cherche, c’est que la santé menstruelle ne soit pas un inconfort, mais pas non plus un tabou », explique Estelle Jung. Selon elle, la mise en place du congé a déjà un effet indirect : libérer la parole et faciliter les échanges entre agentes et encadrants.
Le dispositif a été construit en concertation avec les représentants du personnel et, selon la direction, a été globalement bien accueilli. Face aux critiques sur d’éventuels abus, la réponse est ferme : le cadre médical constitue une garantie suffisante et le dispositif s’inscrit dans une logique de service public.
Un plan égalité qui irrigue toutes les politiques publiques
Le congé menstruel n’est qu’un volet d’un plan beaucoup plus large. Celui-ci couvre l’ensemble des politiques départementales, des solidarités à la culture en passant par la santé et l’éducation.
Le département agit notamment sur la lutte contre les violences intrafamiliales, avec un engagement fort dans l’accompagnement des victimes. Il développe aussi des dispositifs d’accès aux protections hygiéniques dans les collèges et certaines structures sociales, pour répondre à des situations de précarité.
Des consultations de santé sexuelle gratuites et sans rendez-vous ont également été mises en place, abordant contraception, suivi médical, dépistage ou accompagnement à l’IVG.
Une collectivité qui revendique un rôle d’exemple
Pour Estelle Jung, les collectivités ont un rôle moteur à jouer. « Il y a une notion de rôle modèle très importante », affirme-t-elle, estimant que les grandes institutions publiques doivent montrer l’exemple.
Le dispositif suscite d’ailleurs l’intérêt d’autres acteurs, publics comme privés, qui viennent s’en inspirer. Le département assume cette visibilité, qu’il considère comme un levier d’entraînement.
Une démarche inscrite dans le temps long
Enfin, la Meurthe-et-Moselle revendique une politique engagée depuis plus de dix ans, bien avant les obligations légales. Une antériorité qui, selon la collectivité, explique en partie les résultats actuels, notamment en matière d’égalité professionnelle.
« On ne s’arrête pas aux bonnes intentions », conclut Estelle Jung. « L’égalité, ce n’est pas seulement ce qu’on a annoncé, c’est ce qu’on change. »
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