Crash à Tomblaine : l’enquête sera longue selon le parquet de Paris
Deux jours après le crash de l'avion qui a coûté la vie à 11 personnes à Tomblaine, près de Nancy, la justice a fait le point sur l'enquête, qui débute.
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Christian de Rocquigny, procureur adjoint chargé du pôle accidents collectifs du parquet de Paris, ainsi que le lieutenant-colonel Colard, commandant en second de la section de recherche des transports aériens (STRA) se sont rendu ce mardi 30 juin au tribunal de Nancy pour rencontrer magistrats, enquêteurs et associations d'aide aux victimes, avant de s'exprimer devant la presse.
Onze vies fauchées lors d'un baptême de parachute
L'accident, survenu dimanche 28 juin, a coûté la vie à onze personnes : un pilote, cinq moniteurs de parachutisme et cinq stagiaires venus s'initier au baptême de parachute.
Le drame s'est produit lors du troisième vol de la journée pour cet avion, qui avait déjà effectué des rotations la veille. Le crash a eu lieu très peu de temps après le décollage.
Devant la presse, le procureur n'a pas caché l'émotion suscitée par cette tragédie, évoquant les rencontres menées avec les familles des victimes, confrontées à ce qu'il a décrit comme « une tragédie épouvantable ».
Une enquête ouverte pour homicides involontaires
Dès l'après-midi du dimanche, le pôle accidents collectifs du parquet de Paris — l'un des deux seuls en France avec celui de Marseille, compétents pour les affaires d'homicides involontaires impliquant plusieurs victimes et une particulière complexité — s'est saisi du dossier.
Une enquête a été ouverte pour homicides involontaires.
L'enquête a été confiée à la gendarmerie des transports aériens (GTA), et plus précisément à sa section de recherche des transports aériens (STRA), spécialisée dans ce type de catastrophe.
Alertée peu avant 13h le jour du drame, la brigade de gendarmerie des transports aériens de Metz-Nancy-Lorraine a été la première à intervenir, rapidement rejointe par les enquêteurs aéronautiques et techniciens en investigation criminelle de la STRA, basée à Roissy.
L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) a également été mobilisé, avec deux missions essentielles : l'identification des victimes, menée en lien avec l'Institut médico-légal, et la modélisation en 3D de la scène de l'accident, qui doit permettre de tester les différentes hypothèses envisagées par les enquêteurs.
En parallèle de cette enquête judiciaire, une enquête de sécurité a été ouverte par le Bureau d'enquêtes et d'analyse pour la sécurité de l'aviation civile (BEA).
Sa finalité diffère de celle de la justice : il ne s'agit pas d'identifier des responsables, mais de déterminer les causes techniques — et éventuellement humaines — du crash, afin d'améliorer les procédures de sécurité et d'éviter qu'un tel drame ne se reproduise.
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Une carcasse d'avion à reconstituer pièce par pièce
L'épave de l'appareil, fortement endommagée, est pour l'instant entreposée dans l'aérodrome de Nancy-Essey.
Le moteur doit en être retiré rapidement pour être envoyé à Paris pour expertise.
Les enquêteurs devront ensuite reconstituer chaque pièce de l'avion afin de vérifier qu'elle se trouvait à sa place lorsque l'appareil était encore en état de fonctionnement — un travail minutieux qui pourra donner lieu à des contre-expertises.
Les responsables de l'enquête ont insisté sur la durée nécessaire à ces investigations : plusieurs mois d'expertises, d'analyses et de recoupements seront nécessaires pour confirmer ou écarter les différentes hypothèses qui seront potentiellement envisagées — défaillance technique, conduite de l'avion ou facteurs au sol.
Le procureur a tenu à rappeler que pour l’instant aucune piste n’est écartée, au nom de la recherche de la vérité due aux familles des victimes.
Un accompagnement pour les familles, réparties sur tout le territoire
Les victimes de l'accident résidaient sur l'ensemble du territoire national, y compris en Outre-mer.
Deux associations d'aide aux victimes ont été missionnées pour accompagner les proches dans leur deuil : Paris Aide aux Victimes et France Victimes 54, présentes notamment à Nancy pour répondre aux questions des familles et les orienter dans leurs démarches, en complément du soutien psychologique mis en place.
Et maintenant ?
Au stade actuel, aucune conclusion n'a été communiquée sur les causes du crash, les informations recueillies n'étant pas encore suffisamment corroborées.
Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris a indiqué qu'il communiquerait de nouveaux éléments au fur et à mesure de l'avancée des investigations.
À l'issue de l'enquête, si des responsabilités sont établies, l'affaire sera jugée par le tribunal correctionnel de Paris.
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