Crash mortel à Tomblaine : ce que l'on sait au lendemain du drame

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Un avion civil s'est écrasé dimanche matin à Tomblaine, faisant onze morts parmi les occupants partis effectuer un baptême de parachutisme. Au lendemain du drame, voici ce que l'on sait.

Publié : 7h52 par
Crash mortel à Tomblaine : ce que l'on sait au lendemain du drame

Un accident survenu quelques secondes après le décollage

C'est à 11h25 que le Pilatus PC-6, immatriculé en Allemagne, s'est écrasé rue Salvador-Allende, à environ 300 mètres du bout de la piste de l'aérodrome de Nancy-Essey. L'appareil venait tout juste de décoller. Selon le président du syndicat national des parachutistes, Pierre-Yves Eugène, il s'agissait du troisième décollage d'un cycle de trois, les deux premiers s'étant déroulés sans incident. Un témoin a décrit un avion qui montait le nez en l'air avant qu'un silence soudain ne précède sa chute sur la droite. L'appareil s'est écrasé sur une zone herbeuse jouxtant une piste cyclable, à proximité immédiate d'une zone pavillonnaire, sans faire de victimes collatérales.

Onze morts, dont un groupe d'infirmiers libéraux

Les onze occupants de l'appareil sont décédés : le pilote, cinq moniteurs et cinq élèves. Ces derniers étaient des professionnels de santé venus profiter d'un moment de détente, selon l'URPS Infirmier Grand Est. Parmi les victimes figurent notamment une cadre de santé infirmière de bloc opératoire, une étudiante infirmière et un infirmier libéral. L'un des disparus avait reçu ce baptême en cadeau pour ses 20 ans. Un autre était le mari d'une préparatrice en pharmacie. Le baptême était organisé par la société Tandemotion, qui loue régulièrement les installations de l'aéropôle Grand Nancy Tomblaine le week-end.

Des familles témoins du drame

Plusieurs proches des victimes se trouvaient sur place au moment du crash, venus assister au baptême. Certains ont assisté à la chute de l'appareil. Une cellule d'urgence médico-psychologique a été ouverte dès dimanche après-midi à l'espace Jean-Jaurès de Tomblaine, où une cinquantaine de personnes ont été prises en charge. Des professionnels ont également effectué du porte-à-porte dans la commune pour aller à la rencontre des habitants. La prise en charge se poursuit : les personnes qui n'auraient pas encore pu se manifester peuvent contacter le centre 15. Des espaces de recueillement sont ouverts ce lundi à partir de 9h en mairie de Tomblaine et à l'Hôtel de Ville de Nancy. La cellule d'information au public est également joignable au 09 70 80 90 40 dès 8h30.

L'accident d'aviation générale le plus meurtrier en France

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) a confirmé qu'il s'agit de l'accident d'aviation générale le plus grave en termes de bilan humain jamais enregistré en France, hors transport militaire et commercial. Les précédents accidents les plus meurtriers dans cette catégorie remontaient à 1988, avec neuf morts dans le crash d'un avion de parachutistes dans le Pas-de-Calais, et à 1997, avec également neuf morts près de Laon.

Les enquêtes en cours

Sur le plan judiciaire, le pôle des accidents collectifs du parquet de Paris s'est saisi de l'affaire. Les investigations sont confiées à la Gendarmerie des transports aériens. En parallèle, le BEA mène sa propre enquête technique. Ce dimanche soir, aucune hypothèse n'était privilégiée sur les causes du crash. Le préfet de Meurthe-et-Moselle avait évoqué une avarie, sans pouvoir en préciser l'origine. L'ancien président du BEA Jean-Paul Troadec a avancé plusieurs pistes : une panne moteur, un déséquilibre lié à la disposition des passagers, ou encore un malaise du pilote, hypothèse jugée d'autant plus plausible que la journée était marquée par une forte chaleur. Les enquêteurs devraient s'appuyer sur des enregistrements radar, des communications avec la tour de contrôle, et les vidéos éventuellement tournées par les passagers ou des témoins au sol. La rue Salvador-Allende reste fermée à la circulation le temps que l'appareil soit évacué.

Les articles de la rédaction sur ce crash

Un bilan provisoire de 11 morts

L'accident le plus grave concernant le parachutisme depuis une trentaine d'années

Yves Séguy, préfet de Meurthe-et-Moselle
Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur
Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur
Philippe Tabarot, ministre des Transports
Une salle de recueillement est ouverte au stade Marcel Picot
Des mots doux, des pensées, des fleurs, pour les victimes de ce tragique accident
Crédit : MLR
Une salle de recueillement est ouverte au stade Marcel Picot, à Tomblaine.