Dans les Vosges, des adolescents ont été enlevés, battus et dépouillés

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Entre fin décembre 2025 et début février 2026, trois communes vosgiennes ont été le théâtre d’une série de faits visant des jeunes.

Publié : 16h00 par
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Image d'archives - Crédits : MLR

Le procureur de la République d'Épinal, Frédéric Nahon, précise les détails de l'affaire à travers un communiqué de presse ce vendredi. 

Une mécanique de violence bien rodée

Entre le 27 décembre 2025 et le 1er février 2026, plusieurs communes des Vosges — Saint-Dié-des-Vosges, Fraize et Sainte-Marguerite — ont été le théâtre d’une série de faits particulièrement graves visant des adolescents.

Neuf victimes, âgées de 16 à 19 ans, ont été ciblées par un groupe d’individus. Le mode opératoire, répété, laisse apparaître une organisation inquiétante : vols en réunion, violences, extorsions, mais aussi enlèvements suivis de séquestrations.

Les agresseurs forçaient leurs victimes à monter dans des véhicules avant de les conduire en forêt ou vers des distributeurs automatiques de billets.

Forcés, frappés, dépouillés

Une fois isolées, les victimes étaient frappées et contraintes de remettre leurs effets personnels — téléphones, écouteurs, argent liquide.

Dans certains cas, elles étaient emmenées jusqu’à des distributeurs pour effectuer des retraits d’argent sous la contrainte.

Si les victimes ont toutes été relâchées avant le septième jour, les faits n’en demeurent pas moins extrêmement graves, mêlant violence physique, intimidation et privation de liberté.


Une enquête rapide et six interpellations

Saisie de l’affaire, la police de Saint-Dié-des-Vosges a mené une enquête qui a permis d’identifier et d’interpeller six suspects les 25 et 26 mars derniers.

Parmi eux, il y a cinq mineurs, âgés de 15 à 18 ans et un majeur né en 2006.

Face aux enquêteurs, certains ont reconnu leur implication, tandis que d’autres ont choisi de garder le silence.

Des profils contrastés face à la justice

Les cinq mineurs étaient jusqu’ici inconnus de la justice. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur jugement devant le tribunal pour enfants d’Épinal, prévu le 18 mai prochain.

Le majeur, en revanche, était déjà connu pour des faits de violences aggravées. Malgré les réquisitions du parquet en faveur d’un placement en détention provisoire, il a été placé sous contrôle judiciaire.

En situation de récidive légale, il devait être présenté en comparution immédiate ce vendredi 27 mars devant le tribunal correctionnel d’Épinal, mais son procès est renvoyé au 22 mai.

Des peines lourdes encourues

Les faits reprochés sont passibles de lourdes sanctions : jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

Pour le principal suspect majeur, cette peine pourrait être portée à vingt ans en raison de la récidive.

Une affaire qui choque localement

Par la violence des actes et l’âge des victimes comme des mis en cause, cette affaire suscite une vive émotion dans le département.

Elle met en lumière une délinquance juvénile particulièrement brutale, et pose une nouvelle fois la question de la prévention et de la prise en charge des jeunes impliqués dans des faits criminels.

Frédéric Nahon, le procureur de la République d'Épinal
Frédéric Nahon, le procureur de la République d'Épinal - Image d'archives - Crédits : MLR - Zoé Thomas