Épinal : il dirigeait un vaste réseau de passeurs entre la Syrie et la France via l'Amérique du Sud

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Un homme de 36 ans, domicilié à Épinal, a été mis en examen et placé en détention provisoire pour avoir dirigé un réseau qui aurait fait transiter entre 400 et 600 migrants syriens vers la France depuis 2021, via la Turquie, le Venezuela, le Brésil et la Guyane.

Publié : 17h49 par
Un important réseau de passeurs a été démantelé à Épinal
Un important réseau de passeurs a été démantelé à Épinal
Crédit : DR

C'est une filière d'ampleur inhabituelle que vient de démanteler le parquet d'Épinal. Le procureur de la République, Frédéric Nahon, a détaillé dans un communiqué les étapes d'une enquête ouverte il y a près de neuf mois et qui a abouti, ce lundi, à l'interpellation du principal suspect.

Une note de renseignement à l'origine de l'enquête

Tout part d'un signalement transmis le 15 octobre 2025 à l'Office de lutte contre le trafic illégal de migrants (OLTIM) de Metz. La Direction de la coopération internationale de sécurité y fait état de l'existence d'une filière de passeurs de migrants syriens, dont le responsable, de nationalité syrienne, réside à Épinal.

Une enquête préliminaire est aussitôt ouverte par le parquet spinalien. Les investigations vont mettre au jour un système organisé, piloté depuis les Vosges, mais reposant sur un itinéraire migratoire long de plusieurs milliers de kilomètres.

Un parcours migratoire passant par trois continents

Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, le réseau faisait voyager des ressortissants syriens depuis leur pays d'origine jusqu'en Guyane française, en transitant par la Turquie, le Venezuela puis le Brésil.

Une fois sur le sol français, la majorité des migrants déposait une demande d'asile à Cayenne, avant de rejoindre la métropole et de s'installer, le plus souvent, dans la région Grand Est.

Entre 2021 et 2025, ce circuit aurait fait transiter entre 400 et 600 personnes, selon l'estimation retenue par les enquêteurs.

Plusieurs dizaines de migrants ont été entendus, tant dans les locaux de l'OLTIM à Metz qu'en Guyane, et leurs témoignages ont permis de corroborer les investigations.

Une société-écran et des forfaits jusqu'à 1 000 dollars

Le volet économique de l'affaire tient une place centrale dans le dossier. Le transport des migrants aurait été organisé par le suspect par l'intermédiaire d'une société baptisée « La Sultana Tours », moyennant un forfait compris entre 800 et 1 000 dollars par personne pour rejoindre le territoire français.

Les enquêteurs ont même retrouvé des vidéos promotionnelles de la société, diffusées sur WhatsApp.

Les investigations financières ont par ailleurs permis d'identifier des flux d'argent vers l'étranger, notamment vers le Brésil, transitant par différents intermédiaires.

Une demande d'enquête pénale internationale a été adressée par le parquet d'Épinal aux autorités brésiliennes, qui l'ont reçue.

Comparution immédiate et détention provisoire

Après plusieurs mois d'investigations, le principal suspect, âgé de 36 ans, a été placé en garde à vue ce lundi 29 juin. Il a été déféré ce matin devant le tribunal correctionnel dans le cadre d'une comparution immédiate.

L'homme est poursuivi pour aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France en bande organisée, ainsi que pour détention frauduleuse de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation.

Le tribunal a finalement décidé de renvoyer l'examen de l'affaire au 3 septembre prochain. En attendant cette audience, le mis en cause a été placé en détention provisoire.