Fermetures de classes à Nancy : le CDEN confirme, la Ville regrette

ÉducationInfos

Six classes seront supprimées à la rentrée à Nancy. Une décision que l'exécutif municipal juge contraire à ses ambitions pour les écoles nancéiennes, et particulièrement préoccupante dans les quartiers relevant de l'éducation prioritaire.

Publié : 9h23 par
Fermetures de classes à Nancy : le CDEN confirme, la Ville regrette
Crédit : annanahabed - stock adobe

Le conseil départemental de l'éducation nationale (CDEN) s'est réuni lundi 22 juin et a confirmé la suppression de six classes dans les écoles nancéiennes à la rentrée 2026-2027, sans apporter les révisions attendues par la Ville. Un schéma validé une première fois en avril par le comité social d'administration départemental de l'éducation nationale, qui avait entériné la fermeture de 60 classes en Meurthe-et-Moselle, dont 16 au sein de la métropole du Grand Nancy.

Parmi les établissements concernés à Nancy : les écoles élémentaires Moselly, Buthégnemont, Jules Ferry et Saint-Georges, ainsi que les écoles maternelles Marcel Leroy et Manouchian. Une légère inflexion a toutefois été actée : la fermeture initialement envisagée à l'école La Fontaine, sur le Plateau de Haye, est abandonnée. Mais une classe doit fermer à l'école élémentaire Moselly, dans le même quartier.

C'est précisément cette décision qui concentre les inquiétudes de la Ville. Le Plateau de Haye est l'un des territoires les plus pauvres du département : plus d'un habitant sur deux y vit sous le seuil de pauvreté. L'école Moselly relève de l'éducation prioritaire, un réseau qui bénéficie en principe de moyens renforcés pour compenser les difficultés sociales des élèves qui le fréquentent. Chloé Blandin, adjointe au maire en charge de l'enfance et de l'éducation, ne cache pas sa déception : « On avait appelé le conseil départemental de l'éducation nationale à avoir une attention particulière sur les écoles qui sont situées dans les réseaux d'éducation prioritaires, où il y a déjà des fragilités sociales et où c'était l'occasion justement de pouvoir avoir un apprentissage et des conditions d'accueil encore plus satisfaisantes. »

La Ville défend depuis le début de la procédure un argument alternatif à celui de l'éducation nationale : si la baisse démographique justifie des ajustements, elle pourrait aussi être l'occasion de réduire le nombre d'élèves par classe, plutôt que de supprimer des postes. Un indicateur sur lequel la France reste au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE. Cet argument n'a pas été retenu. « Visiblement, non. On le regrette vraiment », reconnaît l'élue.

Le conseil municipal avait pourtant voté à l'unanimité, le 8 avril, une motion d'opposition aux fermetures. Sans effet sur la décision finale. Chloé Blandin estime néanmoins qu'une marge d'incertitude demeure : des ajustements restent possibles en fonction des inscriptions enregistrées d'ici à la rentrée.

La décision fait d'autant plus grincer des dents à l'Hôtel de Ville que la municipalité a multiplié par quatre son budget de rénovation des écoles en 2026. Un effort financier assumé pour améliorer les conditions d'accueil et d'apprentissage des élèves nancéiens, et que les fermetures de classes viennent, selon l'élue, « contredire » : « Ça va un petit peu à rebours de l'ambition qu'on souhaite porter dans le cadre de ce mandat. »

Une décision à rebours de l'ambition que porte la municipalité
Chloé Blandin, adjointe au maire en charge de l'enfance et de l'éducation
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang