Franck Leroy demande à Bruxelles de faciliter l'achat local dans les cantines
Le président de la Région Grand Est a écrit à Bruxelles pour réclamer plus de souplesse dans les marchés publics alimentaires.
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Le président de la Région Grand Est, Franck Leroy, a adressé un courrier vendredi 11 septembre à Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Prospérité et de la Stratégie industrielle. Sa demande : que la réforme européenne de la commande publique, présentée le 9 septembre par la Commission (le Public Procurement Act), permette aux cantines scolaires, aux lycées, aux hôpitaux et aux EHPAD d'acheter plus facilement des produits issus des territoires et des filières européennes.
Une "contradiction" à lever
Dans sa lettre, Franck Leroy salue cette réforme, qu'il juge "nécessaire et attendue", mais pointe une incohérence : l'Union européenne demande à son agriculture de réduire son empreinte environnementale et de renforcer sa résilience, tout en laissant aux acheteurs publics des marges de manœuvre trop limitées pour privilégier des filières de proximité.
"Comment accepter que des produits parcourent parfois des milliers de kilomètres pour arriver dans nos cantines, alors que des agriculteurs situés à proximité peuvent fournir des aliments frais, de saison et de qualité ?", interroge le président de Région, pour qui "il faut remettre du bon sens dans nos règles".
Des critères objectifs pour favoriser le local
Concrètement, Franck Leroy souhaite que le futur règlement reconnaisse explicitement la souveraineté alimentaire, la résilience des chaînes d'approvisionnement et la performance environnementale comme des critères pouvant fonder l'attribution des marchés publics alimentaires. Il propose que les acheteurs publics puissent prendre en compte, de façon objective et proportionnée, la distance parcourue par les produits, les émissions liées au transport, les circuits courts, la saisonnalité, la fraîcheur ou encore la traçabilité.
Le président évoque aussi la nécessité de contrats pluriannuels, qui donneraient aux producteurs la visibilité nécessaire pour investir, et d'un allotissement des marchés permettant aux petites exploitations, PME agroalimentaires et coopératives d'y accéder plus facilement — alors que la taille et la complexité des appels d'offres favorisent aujourd'hui les grands intermédiaires.
Franck Leroy prend soin de préciser qu'il ne s'agit "ni de fermer les marchés, ni de remettre en cause les règles européennes", mais de donner aux collectivités les moyens de privilégier des approvisionnements plus sûrs, plus écologiques et plus proches.
"Un outil de souveraineté pour notre alimentation"
Pour le président du Grand Est, région agricole et frontalière, l'enjeu dépasse la seule restauration collective : "Nous avons fait de la commande publique un outil de souveraineté pour notre industrie. Faisons-en désormais un outil de souveraineté pour notre alimentation." La Région Grand Est se dit prête à contribuer aux discussions à venir avec la Commission européenne, en s'appuyant sur son expérience d'acheteur public et son engagement auprès des filières agricoles.
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