Garages fantômes : un fléau qui touche 250 000 véhicules par an en France

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Publié : 8h20 par
Garages fantômes : un fléau qui touche 250 000 véhicules par an en France
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Chaque année, près de 250 000 véhicules en France sont victimes d’arnaques liées aux garages fantômes. Ces fraudes prennent la forme de véhicules jamais livrés, d’usurpations d’identité et d’immatriculations frauduleuses, et elles génèrent des préjudices de plusieurs millions d’euros. Leocare, acteur majeur de l’assurance auto digitale, alerte sur la gravité de la situation, qui pèse à la fois sur les automobilistes et sur les assurances.

Pour Christophe Dandois, co-fondateur de Leocare, le principe de ces arnaques est simple mais redoutable :

« Un garage fantôme, c’est le principe de mettre en ligne la vente d’un véhicule, souvent à des tarifs très attractifs, puis de découvrir au moment de la livraison que ce véhicule n’existe pas et que le garage non plus. Les victimes avancent souvent l’argent, parfois même la totalité, et se retrouvent face à une arnaque en ligne. »

Selon lui, le phénomène s’est amplifié avec la généralisation des achats en ligne et la réforme du Système d’Immatriculation des Véhicules (SIV) en 2017 :

« Aujourd’hui, acheter sa voiture en ligne est devenu un réflexe. Cette facilité d’accès et la capacité à acquérir un véhicule sans le voir ont favorisé l’émergence des garages fantômes. Le SIV permet désormais à plus de 33 000 sociétés d’avoir accès au système, mais certaines créent des cartes grises totalement fictives, ce qui donne l’impression d’un véhicule réel alors qu’il n’existe pas. »

L’ampleur du phénomène est nationale. Certaines régions sont particulièrement touchées : en Île-de-France, 138 garages fantômes ont été recensés, tandis que dans le Var, les préjudices s’élèvent à 2 millions d’euros. Les méthodes des escrocs sont diverses : façade professionnelle, locaux fictifs, numéros de SIRET et sites Internet attractifs, avec des prix souvent 20 à 30 % inférieurs au marché.

Christophe Dandois insiste sur les signaux d’alerte à repérer avant tout achat :

« Si l’affaire paraît trop belle pour être vraie, il faut se poser des questions. Regardez la valeur Argus du véhicule, vérifiez les avis en ligne — pas d’avis ou des avis trop récents et trop élogieux doivent alerter. Méfiez-vous également de la pression pour payer la totalité du véhicule d’un coup et vérifiez que le RIB correspond bien au nom du garage. »

Face à ce fléau, Leocare propose plusieurs mesures pour limiter les arnaques. Il s’agit notamment de renforcer l’exigence pour obtenir une habilitation au SIV, d’introduire un niveau de confiance supplémentaire pour les garages en ligne, et de mettre en place des mécanismes de blocage des paiements tant que l’acheteur n’a pas validé la livraison réelle du véhicule, à l’image de certains acteurs du commerce en ligne.

Christophe Dandois conclut en soulignant les conséquences humaines de ces fraudes :

« Ces dérives causent des drames humains : des familles endettées pour des voitures jamais reçues, des personnes qui ne peuvent plus aller travailler. Pourtant, un prix inférieur de 30 à 50 % au marché doit éveiller la méfiance et inciter l’acheteur à vérifier l’ancienneté du garage, visiter les lieux physiquement et ne jamais se laisser presser par le vendeur. »

L'interview de Christophe Dandois
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang