Il proposait de "pirater" votre compteur électrique sur les réseaux sociaux : il vient d'être condamné à de la prison ferme
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Pour la première fois dans le cadre du plan national de lutte contre la fraude d'Enedis, un tribunal a prononcé une peine d'emprisonnement ferme. Un signal judiciaire fort envoyé aux fraudeurs.
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Neuf mois de prison ferme. C'est la peine prononcée fin mars par le tribunal judiciaire de Nancy à l'encontre d'un homme qui proposait, via les réseaux sociaux, des manipulations frauduleuses sur des compteurs électriques. Une condamnation inédite qui marque un tournant dans la lutte contre la fraude à l'électricité en France.
Un réseau organisé, des tutoriels illégaux en ligne
L'affaire ne se limite pas à un simple branchement sauvage. Le prévenu ne se contentait pas de frauder : il enseignait. Sur les réseaux sociaux, il proposait des installations illégales sur les compteurs électriques et formait d'autres personnes à ces pratiques. Reconnu coupable de complicité d'escroquerie à la consommation d'électricité, il a été condamné à neuf mois d'emprisonnement ferme.
Hervé Luthringer, directeur référent Grand Est et directeur régional Lorraine d'Enedis développe sur l’ampleur de ce phénomène croissant : "depuis 2022, on a identifié 100 004 fraudes en France. Cela représente plus de 2 TWh d'électricité volée, qui correspond à la moitié de la consommation de l'ensemble de la Meurthe-et-Moselle. C’est à peu près comme si un client sur deux du département cessait de payer sa facture".
Une première depuis le lancement du plan national anti-fraude
Cette condamnation est directement liée au plan national de lutte contre la fraude à l'électricité lancé par Enedis en 2024. C'est la première peine de prison ferme prononcée dans ce cadre. Elle résulte d'une coopération étroite entre Enedis et la Gendarmerie nationale, notamment en Lorraine, où l'enquête a été menée.
Enedis, qui s'était constituée partie civile dans cette affaire, salue le travail d'enquête approfondi ayant permis d'établir les faits et de renvoyer le prévenu devant la justice.
"Pour nous, c'est très important qu'il y ait eu cette première condamnation ferme. Elle permet de montrer l'importance des faits et surtout la prise en compte de ces faits, tant par les forces de l'ordre que par la justice", précise Hervé Luthringer, directeur référent Grand Est et directeur régional Lorraine d'Enedis.
Des sanctions qui peuvent aller très loin
Beaucoup ignorent encore l'étendue des sanctions encourues. La fraude à l'électricité est un délit pénal passible de peines lourdes. Elle est passible de peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison, 75 000 euros d’amende pour vol d’énergie et 375 000 euros pour escroquerie.
Ces montants peuvent être multipliés par cinq pour les personnes morales. Des chiffres qui donnent le vertige et contrastent avec l'image banalisée que certains ont de ces pratiques.
Un coût financier
Le coût financier de la fraude se répercute sur la collectivité, autrement dit sur les autres consommateurs.
"C'est l'ensemble des consommateurs qui payent leurs factures, qui se voient répercuter ces coûts de fraude. Il a un vrai sujet d'iniquité, puisqu'effectivement il y a des gens qui se permettent de ne pas payer l’électricité qu’ils consomment, et le font payer aux autres", développe Hervé Luthringer.
Un danger bien réel, au-delà de l'aspect financier
Les manipulations frauduleuses sur les compteurs électriques exposent les occupants, les riverains et les techniciens à des risques.
Selon Hervé Luthringer, directeur référent Grand Est et directeur régional Lorraine d'Enedis, il y a plusieurs problèmes avec le vol d’énergie : "c’est du vol donc c'est consommer quelque chose qu'on ne paye pas. Et c'est très dangereux, parce qu’en trafiquant les compteurs il y a deux types de risques majeurs : l’électrisation ou l'électrocution et l’incendie".
Ce n'est donc pas seulement une question d'argent volé à un gestionnaire de réseau. Ce sont des vies qui peuvent être mises en danger — parfois celles de personnes totalement étrangères à la fraude.
Tolérance zéro : Enedis systématise les signalements
La politique d'Enedis est désormais sans ambiguïté : toute situation avérée de fraude fait l'objet d'un signalement au Procureur de la République, et l'entreprise se constitue systématiquement partie civile.
Hervé Luthringer confirme que ce dispositif va encore se renforcer dans les mois à venir : "en 2024, on avait fait à peu près 12 000 contrôles. En 2025, c'est plus de 40 000 contrôles. Et en 2026, il devrait y avoir plus de 60 000 contrôles effectués".
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