Mars Bleu 2026 : sensibilisation au dépistage du cancer colorectal dans le Grand Est

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Publié : 8h20 par
Mars Bleu 2026 : sensibilisation au dépistage du cancer colorectal dans le Grand Est

Chaque année, le cancer colorectal touche de nombreuses personnes dans la région Grand Est, avec plus de 3 700 nouveaux cas et 1 500 décès recensés annuellement. Bien que le dépistage organisé soit disponible pour les 50-74 ans, seulement un tiers de la population concernée y participe. Cette année, à l’occasion de Mars Bleu 2026, le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC) du Grand Est multiplie les actions pour inciter les habitants à se faire dépister.

Des chiffres encore préoccupants

Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent en France et la deuxième cause de décès par cancer. Survenant neuf fois sur dix après 50 ans, il représente près de 47 500 nouveaux cas et 17 000 décès chaque année au niveau national. Dans le Grand Est, le taux de participation au dépistage reste plus élevé que la moyenne nationale : 32,6 %, contre 29,6 % pour la France entière. “On souhaiterait que ce taux atteigne au moins 45 %”, explique Marie-Christine Scandola, médecin coordonnateur pour le dépistage du cancer colorectal dans la région.

Certains départements sont davantage mobilisés que d’autres. Selon Marie-Christine Scandola, “dans le département des Ardennes, le taux était le plus bas, avec 29,8 %, et le plus élevé dans les Vosges, à 37,1 %”. Depuis 2020-2021, les taux de participation se maintiennent globalement stables.

Dépistage : qui est concerné et comment ?

Le dépistage concerne toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans, hommes et femmes. Il repose principalement sur un test de recherche de sang dans les selles, simple et réalisable à domicile tous les deux ans. Selon la médecin coordonnatrice :

“Tout le monde va être concerné, mais selon les risques personnels ou familiaux, ce ne sera pas forcément ce test qui devra être réalisé, mais une coloscopie. Dans la majorité des cas, lorsqu'il n'y a pas de risque particulier, c'est le test de recherche de sang dans les selles qui doit être réalisé.”

Le dépistage précoce est crucial, car il permet de détecter les polypes avant qu’ils ne deviennent des cancers, ou de repérer le cancer à un stade où le traitement est plus efficace. “On considère que dans 90 % des cas détectés tôt, on guérit de ce cancer”, précise-t-elle.

Mars Bleu 2026 : des actions concrètes

Pour inciter la population à participer, le CRCDC Grand Est propose plusieurs initiatives tout au long du mois de mars :

  • Défi Connecté national : un challenge sportif en solo ou en équipe, marchant, courant ou bougeant, pour sensibiliser au dépistage. Les participants peuvent suivre leurs performances via l’application Kiplin et recevoir des messages de prévention.

  • Le Côlon Tour® : une structure gonflable représentant un côlon géant, permettant aux visiteurs de comprendre la formation des polypes et les étapes du cancer colorectal, accompagnés par un médecin du CRCDC.

Marie-Christine Scandola souligne l’importance de ces actions de proximité :

“C’est important d’en parler parce que peu de personnes participent à ce dépistage, alors qu’on sait que détecter tôt ces polypes ou ces cancers augmente considérablement les chances de guérison.”

Facteurs de risque et prévention

Plusieurs facteurs de risque sont modifiables, liés au mode de vie : tabac, alcool, sédentarité, alimentation pauvre en fibres, surpoids ou obésité. Bien que les changements de comportement réduisent le risque, la participation au dépistage reste le moyen le plus sûr pour prévenir l’apparition d’un cancer colorectal.

Le test immunologique utilisé pour le dépistage est gratuit et simple à réaliser. Si le résultat est positif (environ 4,5 % des cas), une coloscopie est effectuée pour identifier d’éventuelles lésions.

“C’est un examen qui est simple, facile à réaliser, qui n’est pas douloureux, mais qui permet de mettre en évidence un cancer, mais aussi d’éventuels polypes. Si l’on arrive à détecter ces polypes tôt et à les enlever, on augmente ses chances de guérison”, rappelle la médecin coordonnatrice.

Lever les freins

Malgré les bénéfices évidents, le cancer colorectal reste parfois un sujet tabou. Pour améliorer la participation, il est essentiel de démystifier le test et de communiquer davantage sur sa simplicité et son efficacité.

Le CRCDC Grand Est encourage ainsi la population à s’informer, participer aux événements Mars Bleu et réaliser le dépistage. Les invitations sont envoyées par l’Assurance Maladie et le test peut être obtenu via le médecin traitant, la pharmacie ou en ligne.

L'interview du Dr Marie-Christine Scandola
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang