Mort en service à 31 ans : Nancy rend hommage au gendarme Lucas Voignier en présence du ministre de l'Intérieur

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Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez se rendra lundi 18 mai à Nancy pour présider la cérémonie d'hommage national au maréchal des logis-chef Lucas Voignier, motard de la gendarmerie tué en service le 9 mai dernier lors d'une interception sur la commune de Leyr, en Meurthe-et-Moselle. Il avait 31 ans.

Publié : 6h16 par
Laurent NUÑEZ, ministre de l’Intérieur
Laurent NUÑEZ, ministre de l’Intérieur, s'était déplacé en janvier dernier à Remiremont - Image d'archives. Crédits : Zoé Thomas - MLR

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez se rendra une nouvelle fois à Nancy pour présider une cérémonie d'hommage national ce lundi. 

Une cérémonie solennelle à la caserne de gendarmerie

Lundi 18 mai 2026, à 10h00, la caserne de gendarmerie de Nancy, rue du Général Balfourier, accueillera la cérémonie d'hommage national au maréchal des logis-chef Lucas Voignier. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, prendra personnellement la parole pour prononcer l'éloge funèbre du militaire disparu.

Une décoration sera remise à titre posthume à sa famille, en présence de ses camarades de la brigade motorisée de Seichamps, de représentants de la Gendarmerie nationale et des autorités civiles et militaires de Meurthe-et-Moselle.

La cérémonie débutera par les honneurs au drapeau, suivis d'une revue des troupes. Le cercueil entrera dans la cour de la caserne au son des honneurs militaires, avant l'éloge funèbre du ministre, la remise de la distinction posthume, et une minute de silence.

Mort en tentant d'intercepter un chauffard

Lucas Voignier a perdu la vie le samedi 9 mai dernier, aux alentours de 14h20, sur la commune de Leyr, le long de la départementale 913 reliant Nancy à Nomeny. Ce jour-là, le maréchal des logis-chef et l'un de ses collègues, tous deux motards affectés à la brigade motorisée de Seichamps, se lançaient à la poursuite d'un véhicule dont le conducteur venait de commettre un dépassement dangereux.

Arrivés à hauteur d'un carrefour à la sortie du village de Leyr, la tragédie s'est jouée en quelques secondes : un automobiliste de 78 ans, arrivant en sens inverse, a tourné à gauche sans céder le passage. Le choc avec la moto de Lucas Voignier a été d'une violence extrême. Projeté à plusieurs mètres, le gendarme a atterri dans un jardin bordant la route. Malgré l'intervention rapide des sapeurs-pompiers, qui ont tenté de le réanimer sur place, il n'a pas survécu à ses blessures.

Son collègue, qui a assisté à la scène sans pouvoir intervenir, est sorti physiquement indemne de la collision mais se trouve dans un état de choc. Le conducteur impliqué, lui, a été blessé et évacué au centre hospitalier de Nancy.

Quant au véhicule que les deux motards cherchaient à intercepter au moment du drame, il a pris la fuite. Une enquête est toujours en cours pour tenter d'identifier son conducteur.

Une institution en deuil

Lucas Voignier avait 31 ans. Affecté à la brigade motorisée de Seichamps, unité spécialisée dans la sécurité routière sur les axes de Meurthe-et-Moselle, il incarnait ce que la gendarmerie appelle ses « anges gardiens de la route » : des militaires dont la mission quotidienne consiste précisément à protéger les usagers des comportements dangereux — au péril, parfois, de leur propre vie.

Le général d'armée Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale, a adressé ses condoléances à la famille et aux proches du gendarme, ainsi qu'à l'ensemble de ses camarades.

Deuxième drame en moins de deux mois dans la région

Ce décès survient dans un contexte particulièrement douloureux pour les forces de l'ordre lorraines. Moins de deux mois avant la mort de Lucas Voignier, un autre agent avait perdu la vie dans des circonstances tout aussi tragiques. Le 25 mars dernier, un policier de la CRS autoroutière de Champigneulles était décédé après avoir heurté une flèche de signalisation sur l'A33, à hauteur de Laxou. Âgé de 50 ans et père de famille, il avait lui aussi été honoré lors d'une cérémonie nationale à Nancy à laquelle Laurent Nuñez s'était déplacé.

Le ministre retrouvera donc lundi la même ville, pour le même rituel d'État, face à une nouvelle famille et à de nouveaux camarades en uniforme. Un rappel brutal que mourir en service n'est pas une formule abstraite.