PFAS dans les Vosges : des épandages industriels cartographiés
EnvironnementInfosPolitiqueSociétéVie locale
Jean-François Fleck, vice-président de Vosges Nature Environnement, alerte sur la présence de polluants éternels dans des parcelles agricoles déodates et dénonce l'inaction préfectorale.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/Pesticides_reagenzglas1777351549286.webp)
Des boues industrielles et urbaines épandues depuis 2003 sur des terres agricoles de la déodatie. Des PFAS, ces substances chimiques quasi-indestructibles, accumulées dans les sols, entraînées par les eaux, absorbées par les cultures. Et des riverains qui ne savent toujours pas si les terres qui les entourent sont contaminées.
C'est le tableau que dresse Jean-François Fleck, vice-président de Vosges Nature Environnement et porte-parole du collectif PFAS associatif. L'association a réalisé une cartographie des parcelles ayant fait l'objet d'épandages autorisés par arrêté préfectoral : une cartographie qu'elle réclame depuis janvier à la préfecture des Vosges, sans obtenir de réponse à ce jour.
Une chaîne de contamination à chaque maillon
Pour Jean-François Fleck, le mécanisme est bien établi : « Dès lors que vous avez des sols contaminés, les PFAS s'accumulent mais ne restent pas là. Ils sont entraînés par l'eau qui ruisselle, par l'eau qui s'infiltre, et remontent dans les végétaux cultivés sur ces secteurs. »
« Les consommateurs en bout de chaîne présentent, eux aussi, le risque d'être contaminés. »
Le territoire concerné couvre plusieurs secteurs. Le premier s'étend de Gerbépal jusqu'à Bruyères, en passant par Arrentès-de-Corcieux, Corcieux et Laval, ainsi que quelques parcelles à Tendon et le Tholy. Ce secteur est drainé par le Neuné et la Vologne, dont les eaux, les poissons, les écrevisses et autres espèces aquatiques n'ont à ce jour pas été analysés. Un second secteur a également été identifié entre Étival et Saint-Michel-sur-Meurthe, incluant Saint-Rémy, Nompatelize, La Bourgonce et La Voivre.
Des risques sanitaires documentés
Sur le plan de la santé, les PFAS sont associées à des atteintes du système immunitaire, des perturbations métaboliques (cholestérol, diabète), certains cancers, ainsi qu'à des risques pour le développement du fœtus. La période de grossesse est jugée particulièrement sensible à ces substances.
Pour savoir où en est réellement la contamination, l'association demande à l'État de procéder par étapes : analyses des sols, des productions végétales, des animaux, des eaux et des poissons. Une démarche déjà engagée dans la Meuse, dont Jean-François Fleck a pu obtenir un courrier du préfet daté d'octobre 2025 décrivant cette stratégie d'investigation. « On le demande aussi pour les Vosges », insiste-t-il.
La redevance PFAS repoussée, un « scandale » pour les associations
À l'échelle nationale, une redevance de 100 euros pour 100 grammes de PFAS rejetés, censée appliquer le principe pollueur-payeur, devait entrer en vigueur au 1er mars 2026. Elle a été repoussée de six mois par le Premier ministre, alors même que la loi avait été votée par le Parlement.
« On est un peu scandalisés, confie Jean-François Fleck. Un texte est voté. Le gouvernement, certainement sous la pression des lobbies industriels, repousse de plus de six mois la mise en œuvre de cette redevance. » Et de pointer que la facture, en attendant, est supportée par les collectivités, les abonnés à l'eau potable et les citoyens exposés dans leur santé.
Quant au montant de la taxe, l'association le juge « très largement insuffisant » au regard des coûts réels : « On parle en milliards pour la dépollution et le traitement de l'eau. Les industriels ne vont jamais accepter de financer les conséquences de la pollution qu'ils ont générée. »
Parmi les sites industriels concernés dans les Vosges, Jean-François Fleck cite Etival-Clairefontaine, Lucart, Garnier Thiebaut et les blanchisseries de Gérardmer. Aucun échange n'a pour l'instant eu lieu avec ces acteurs.
Ce que réclame l'association :
-
La réalisation d'une cartographie officielle disponible dans chaque mairie, pour que les habitants puissent s'informer sur les parcelles concernées.
-
La mise en place d'un comité de suivi associant élus locaux, industriels et associations, pour un échange régulier et transparent avec la préfecture.
-
Le lancement d'une campagne complète d'analyses : sols, végétaux, animaux, eaux, poissons et crustacés sur les secteurs identifiés.
-
Un travail conjoint avec les collectivités sur leur part de responsabilité dans la gestion des boues de stations d'épuration.
En attendant une réponse de l'État, une réunion publique a été organisée à Saint-Dié, ouverte à tous les élus et conseillers municipaux des communautés d'agglomérations concernées. « La balle est un peu dans le camp des élus locaux, régionaux et départementaux, conclut Jean-François Fleck. On attend aussi une réaction des populations qui sont les premières concernées et certainement les plus mal informées. »
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/magnum/images/logo_USmShS5Cv1.png)
/t:r(unknown)/filters:format(webp)/radios/magnum/images/logo_USmShS5Cv1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/WhatsApp_Image_2026_04_27_at_10_52_12__3_1777370944275.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/_Tatiana_Katsai1777353886355.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/frederic_nahon_le_procureur_de_la_republique_d_epinal_a_tenu_une_conference_de_presse_a_propos_de_la_mort_du_jeune_bryan_muller_photo_fournie_par_la_famille_17770580031777353344294.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/671397746_1246673244347365_3814435742196455460_n1777040688507.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/Ufhbm7hWrE/image/egalite_femmes_hommes_la_france_reste_2e_mondiale_dans_les_grandes_entreprises1777017005632.jpg)