Précarité étudiante : un étudiant sur deux a déjà renoncé à un repas

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Se loger, se déplacer, se nourrir : la vie étudiante coûte toujours plus cher. Face à ces difficultés, la Fondation ID+ Lorraine, la fondation de l’Université de Lorraine et du CHRU de Nancy, relance sa campagne d’appel aux dons pour l’action sociale étudiante.

Publié : 12h28 par
La Fondation renouvelle sa campagne d’appel aux dons en faveur de l’action sociale étudiante.
La Fondation renouvelle sa campagne d’appel aux dons en faveur de l’action sociale étudiante.
Crédit : Fondation ID+ Lorraine

La rédaction s’est entretenue avec Vincent Queudot, directeur général de la fondation ID+ Lorraine. Il dresse un panorama économique de la vie étudiante qui s'approche de plus en plus de la pauvreté. 

Une rentrée toujours plus coûteuse

« La précarité intervient malheureusement tout au long de l’année, mais c’est à la rentrée que l’on identifie le plus de difficultés, avec de nouveaux étudiants qui font face à de nouveaux problèmes », explique Vincent Queudot. Et la facture ne cesse de grimper.

Selon l’enquête annuelle de la FAGE, le coût de la rentrée étudiante a augmenté de 25 % depuis 2020 et atteint désormais 3 240 euros. En cause, une inflation durable, aggravée récemment par le contexte international.

« Elle se traduit très directement sur le pouvoir d’achat des étudiants », souligne le directeur général. L’enquête de l’UNEF publiée en août 2026 va dans le même sens : le reste à charge mensuel atteint 1 300 euros, soit 74 euros de plus qu’en 2025, sous l’effet du logement, des transports et de l’alimentation.

Des fins de mois qui obligent à renoncer

Pour Vincent Queudot, on ne parle plus seulement de précarité : « On peut parler de pauvreté chez les étudiants ». Au-delà des repas, il y a « tout le reste à charge » : le logement, le numérique, les vêtements, les sorties.

« Les études, c’est le moment où l’on construit sa vie au-delà de sa formation. C’est à tout cela que beaucoup d’étudiants renoncent », complète le directeur général de la fondation.

L’étude de la FAGE le montre : environ un étudiant sur deux a, à un moment, renoncé à un repas pour boucler ses fins de mois.

« On ne peut plus suivre ses études sans être correctement équipé »

Précisions de Vincent Queudot, directeur général de la fondation ID+ Lorraine
Crédit : Des propos recueillis par Zoé Thomas

Les AGORAés, de 400 à 2 400 étudiants

C’est la crise du Covid qui a révélé l’ampleur des besoins. Les épiceries solidaires AGORAés de la Fédération étudiante de Lorraine (Fédélor) proposent des produits alimentaires et de première nécessité à 10 % du prix du marché. « Au début du Covid, ils étaient à peu près 400 à 500 inscrits. Ils sont maintenant 2 400 », relève Vincent Queudot.

Les AGORAés constituent « la majeure partie du soutien financier » de la fondation. Depuis 2020, elle les a accompagnées à hauteur de plus de 110 000 euros cumulés, grâce à près de 700 dons d’entreprises et de particuliers.

Ce soutien a permis d’aider 7 400 étudiants en situation de forte précarité. La fondation finance aussi des bourses, notamment pour des doctorants et des étudiants sportifs de haut niveau.

Le repas à 1 euro ne suffit pas

Le repas à 1 euro dans les restaurants universitaires, « une très bonne mesure » accessible à tous, ne règle pas tout.

« Il ne couvre que le côté repas », rappelle Vincent Queudot. Beaucoup d’étudiants vivent loin des campus.

D’autres ne disposent que d’une petite heure pour déjeuner. « Les longues files d’attente ne permettent pas de servir tout le monde », conclut Vincent Queudot.

Vincent Queudot explique pourquoi la fondation relance son appel aux dons
Crédit : Des propos recueillis par Zoé Thomas

Autre urgence : la santé mentale

La précarité financière pèse aussi sur le moral. « Un étudiant qui a du mal à boucler ses fins de mois, qui doit chercher des petits boulots, être à l’affût de chaque micro-bourse ou ticket restaurant, a une charge mentale bien plus importante que celui qui peut étudier sereinement avec un appui plus fort de ses parents », décrit-il.

Beaucoup se tournent alors vers les dispositifs d’aide de l’Université de Lorraine, dans lesquels la fondation s’inscrit, au sein d’un collectif de Lorraine Nord.

Gala, collectes, affiches : la mobilisation s’organise

La campagne se déploie aussi sur le terrain, avec des affiches à Nancy et dans les bus Keolis, et des collectes de denrées dans des magasins Intermarché avec le Rotary Club Nancy Majorelle. Une soirée de gala aura lieu le mardi 10 novembre prochain à l’Hôtel de Ville de Nancy, et ses bénéfices iront intégralement à l’action sociale étudiante.

Vincent Queudot veut aussi convaincre les décideurs : « Chaque fois que nous rencontrons les responsables politiques, nous leur faisons comprendre qu’il ne faut pas laisser tomber les jeunes, qui sont l’avenir de notre territoire ».

Et il s’adresse au public : « Lorsqu’on aide un étudiant, au-delà de lui enlever un souci, on l’aide à se construire, à réussir son avenir et à développer des compétences utiles pour toute la société ».

Pour soutenir les étudiants en difficulté, rendez-vous sur fondation-idplus-lorraine.fr

Explications de Vincent Queudot, directeur général de la fondation
Crédit : Des propos recueillis par Zoé Thomas