RAG'N'BONE MAN - HUMAN

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RAG'N'BONE MAN - HUMAN

Publié : 17 avril 2026 à 14h52 par
RAG'N'BONE MAN - HUMAN

Il y a des voix qui vous arrêtent net. Pas besoin de connaître le titre, pas besoin de comprendre les paroles. La voix suffit. C'est exactement ce qui s'est passé à l'été 2016, quand un certain Rag'n'Bone Man a lâché "Human".

Rag'n'Bone Man, c'est le nom de scène de Rory Charles Graham — né en 1985 à Uckfield, une petite ville près de Brighton en Angleterre. Le nom vient d'une sitcom britannique, à l'époque où il montait ses premiers groupes avec ses copains. Ses parents sont musiciens — père guitariste, mère chanteuse — et il grandit dans le blues, le reggae, puis découvre le hip-hop et le rap lors des soirées de Brighton. Il rappait dans les scènes ouvertes avant de trouver sa voix — cette voix de baryton grave et abrasive qui n'appartient qu'à lui, quelque part entre Otis Redding et Tom Waits.

Mais avant d'être musicien, Rory Graham était aide-soignant. Il travaillait auprès de jeunes atteints de trisomie 21 et d'autisme — dont sa propre sœur. Et c'est cette expérience-là qui irrigue entièrement "Human", coécrit avec Jamie Hartman. La chanson parle d'une chose simple et universelle : l'incapacité à régler les problèmes des gens qu'on aime, parce qu'on a soi-même ses propres faiblesses. "I'm only human after all, don't put the blame on me." Pas une excuse — une lucidité. Le message de quelqu'un qui a passé des années à s'occuper des autres et qui sait, mieux que quiconque, ce que ça coûte.

Le single sort en juillet 2016, produit par Two Inch Punch — le même producteur qui a travaillé avec Sam Smith. L'album éponyme suit en février 2017. La chanson grimpe en tête des charts dans plusieurs pays, devient numéro 2 en Grande-Bretagne à Noël 2016. Elle est utilisée partout — bandes-annonces de jeux vidéo, séries, publicités du Super Bowl. Aux Brit Awards 2017, Rag'n'Bone Man remporte le Critics' Choice Award et la révélation britannique de l'année. En 2018, "Human" repart avec le Brit Award du meilleur single britannique.

Depuis, il a sorti un deuxième album, collaboré avec Pink, continué sa route discrètement. Sans jamais vraiment quitter cette posture — l'homme qui chante ce que c'est que d'être humain, avec toute la maladresse et la sincérité que ça implique. Dans un paysage musical souvent très lisse, ça détonne. Et ça reste.