Sécheresse : l'État débloque plus d'un milliard d'euros pour sauver les exploitations agricoles

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Sécheresse historique, plan d'urgence à plus d'un milliard d'euros : l'État tente d'éviter l'effondrement du monde agricole.

Publié : 10h11 par
Sécheresse : l'État débloque plus d'un milliard d'euros pour sauver les exploitations agricoles
Sécheresse : l'État débloque plus d'un milliard d'euros pour sauver les exploitations agricoles

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a présenté ce vendredi 4 septembre un plan d'urgence destiné au monde agricole, frappé par une sécheresse qualifiée d'historique. Plus d'un milliard d'euros doivent être mobilisés pour indemniser rapidement les pertes et préserver le potentiel de production du secteur.

Une enveloppe pour éviter l'effondrement

Selon la ministre, ce dispositif doit permettre de venir en aide à un secteur confronté à "une crise climatique d'une ampleur exceptionnelle". Pour financer ces mesures d'urgence, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé au ministre des Comptes publics, David Amiel, de procéder à des annulations et des gels de dépenses de l'État. Les aides au carburant pour les secteurs les plus exposés, dont l'agriculture, seront par ailleurs reconduites pour septembre et octobre.

Des dégâts jugés considérables

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, avait chiffré mercredi les dégâts des canicules sur l'agriculture à 10 milliards d'euros, tout en précisant ne pas attendre une prise en charge intégrale par l'État, mais un accompagnement du rebond pour les exploitations touchées.

Dans les Vosges, Yohann Barbe, vice-président de la FNSEA et éleveur de vaches laitières, a insisté vendredi matin sur franceinfo sur l'urgence de la situation : des milliers d'exploitations seraient aujourd'hui au bord de la faillite. Il espère que les annonces du gouvernement seront à la hauteur des attentes de la profession, rappelant que toutes les filières agricoles ont été touchées cet été.

Une sécheresse hors norme

Cette mobilisation intervient après un été marqué par des rendements historiquement bas. Le ministère de l'Agriculture évalue à 30 000 ou 35 000 le nombre de fermes ayant besoin d'un soutien important, soit environ 10% des exploitations françaises. Dans plusieurs zones du pays, les pertes de rendement pour les cultures dépassent 50%, notamment pour le maïs, dont la récolte s'annonce parmi les plus faibles depuis la seconde moitié du XXe siècle.

La production fourragère a également été durement touchée : plusieurs régions affichent des stocks inférieurs de moitié à la normale, obligeant les éleveurs à puiser dans leurs réserves depuis plusieurs semaines, avec un risque de pénurie de foin et de paille à l'approche de l'hiver.

Pour de nombreux observateurs du monde agricole, l'ampleur de cette crise dépasse celle des sécheresses de 1976 et de 2022, posant la question de la capacité des plus petites exploitations à se relever de cet épisode.