Rentrée 2026 : « l'École au cœur » pour 360 099 élèves de l'académie de Nancy-Metz

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Au total, ce sont 11,6 millions d'écoliers, collégiens et lycéens qui ont repris le chemin des classes.

Publié : 1er septembre 2026 à 20h03 par
Le projet académique de l'académie Nancy-Metz a été présenté fin août
Le projet académique de l'académie Nancy-Metz a été présenté lors de la conférence de presse de rentrée, vendredi 28 août. Crédits : Académie Nancy-Metz

Les cartables sont bouclés, les classes rouvrent leurs portes.

Ce mardi 1er septembre, 360 099 écoliers, collégiens et lycéens ont fait leur rentrée dans l'académie de Nancy-Metz, répartis dans 2 271 écoles et établissements du second degré — 1 870 écoles, 255 collèges et 143 lycées et Erea, publics et privés sous contrat.

Face à eux, près de 29 200 professeurs reprennent le chemin des salles de classe.

« Un petit miracle »

« C’est un petit miracle, comme toujours », explique Pierre-François Mourier, recteur de la région académique Grand Est et de l'académie de Nancy-Metz, en parlant de cette rentrée.

Il souligne : « Encore plus cette année, car des conditions se sont accumulées : la loi spéciale sur les services votée au début de l’année, puis la réforme de la formation initiale des enseignants et la canicule ».

Concernant la canicule, le recteur de la région académique Grand Est et de l'académie de Nancy-Metz rebondit : « Ce n'est pas parce qu'on a réussi une fois qu'il faut que ça devienne une habitude. Il faut qu'on prenne toutes les mesures et toutes les dispositions pour faire en sorte que l'année prochaine, les conditions soient supportables par l'ensemble des membres de la communauté éducative. Les examens écrits et oraux auront lieu uniquement le matin jusqu'à 13h30. Sauf pour quelques disciplines professionnelles où c'est parfois une journée entière ».

Une nouvelle feuille de route pour quatre ans

Cette rentrée s'inscrit sous le mot d'ordre « l'École au cœur », qui donne son nom au nouveau projet stratégique académique 2026-2030 présenté par Pierre-François Mourier, recteur de la région académique Grand Est et de l'académie de Nancy-Metz.

Ce cap fixé pour les quatre prochaines années repose sur trois axes : renforcer l'ambition et la mobilité des élèves, agir pour l'égalité des chances sur tous les territoires, et garantir un climat de travail propice à l'épanouissement et au bien-être de chacun.

Des priorités que le recteur veut voir se traduire concrètement, dès cette année, dans les écoles, collèges et lycées du territoire.

Pierre-François Mourier, recteur de l'académie de Nancy-Metz développe cette feuille de route.
Crédit : Des propos recueillis par Zoé Thomas

La maitrise du langage au cœur…

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, lors de sa conférence de presse de rentrée le mardi 25 août, a souligné que la maitrise du langage était indispensable.

Les élèves à la fin de l’école maternelle devront donc avoir assimilé 2 500 mots de vocabulaires. Le ministre a également demandé la fin des textes à trou.

« La maîtrise de la langue, dans toutes ses dimensions, la maîtrise orale, la maîtrise écrite, la maîtrise de la grammaire, de la syntaxe, des niveaux de langue aussi, ou plutôt sa non-maîtrise, c'est la première des inégalités pour moi. Et c'est une inégalité sociale insupportable. Dès l'âge de 6 ou 7 ans, quand vous rentrez au cours préparatoire, si vous avez un déficit d'apprentissage de la langue, vous n'avez plus les mêmes chances que les autres », développe le recteur.

Il continue : « La différence de nombre de mots, de vocabulaire entre les classes sociales les plus favorisées et les moins favorisées est, en règle générale, considérable. Le projet du ministre est de faire en sorte de combler cette injustice du départ en étant exigeant vis-à-vis des élèves et en les accompagnant véritablement vers une maîtrise de la langue, depuis l'entrée à l'école jusqu'à la sortie secondaire avec une assistance, aussi au baccalauréat, sur la maîtrise de la langue ».

… et la protection des personnels

Il y a la protection des élèves mais il y a la protection des personnels également. C’est dans ce sens que Pierre-François Mourier a annoncé lors de sa conférence de presse de rentrée vendredi dernier que « tous les élèves dont les parents menaceraient gravement un professeur ou un chef d’établissement pourront être changés d'école, sur décision du chef d'établissement en lien avec le Dasen ou le recteur ».

« Il est insupportable que nos enseignants arrivent avec la boule au ventre à l'école le matin. Et ça, les parents doivent le comprendre à partir de maintenant. Il faut que nous ayons une réponse face à ce type de comportement qui est anormal », explique-t-il.

Concernant les menaces, elles devront être graves (menace de mort, menace d’attaque physique ou d’assaut) et devront viser un professeur, un chef d’établissement…

Pierre-François Mourier, recteur de la région académique Grand Est et de l'académie de Nancy-Metz
Pierre-François Mourier, recteur de la région académique Grand Est et de l'académie de Nancy-Metz, a présenté les nouveautés de cette rentrée lors de la conférence de presse vendredi 28 août. Crédits : Académie Nancy-Metz

L'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle généralisée

Autre marqueur de cette rentrée : la généralisation des programmes EVAR (éducation à la vie affective et relationnelle) à l'école primaire et EVARS (éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité) au collège et au lycée.

Ces enseignements, dont les contenus sont progressifs et adaptés à l'âge des élèves, abordent le respect de soi et des autres, l'égalité entre filles et garçons, la lutte contre les stéréotypes ainsi que la prévention des discriminations, des violences et du harcèlement.

Dans l'académie, ils reposent sur au moins trois séances annuelles, animées par des référents formés dans chaque établissement — public comme privé sous contrat d'association avec l'État — et dans chaque circonscription.

De nouvelles formations, portant notamment sur les compétences psychosociales, seront proposées aux équipes tout au long de l'année 2026-2027.

Pierre-François Mourier, recteur de la région académique Grand Est, décrit cette généralisation.
Crédit : Des propos recueillis par Zoé Thomas

Le téléphone portable désormais interdit au lycée aussi

Symbole de cette rentrée : le smartphone fait officiellement son entrée sur la liste des objets interdits dans les lycées de France, comme c'est déjà le cas à l'école et au collège.

Une mesure qui prend un relief particulier alors qu'une étude Ipsos évalue à plus de cinq heures par jour le temps passé en moyenne devant un écran par les 15-19 ans.

Concrètement, l'interdiction s'applique « de la cloche à la cloche », aussi bien dans les couloirs que dans les salles de classe, sauf dérogation prévue par le règlement intérieur de chaque établissement — pour un usage pédagogique ou médical, par exemple.

Pierre-François Mourier, recteur de l'académie de Nancy-Metz, compte sur les élèves.
Crédit : Des propos recueillis par Zoé Thomas

Dans les Vosges, la question du remplacement toujours sensible

Si le rectorat assure qu'un enseignant sera bien présent devant chaque classe de l'académie ce matin, la question reste chaque année particulièrement suivie dans les Vosges, département où la carte scolaire évolue au fil de la démographie.

Pour cette rentrée, le département a enregistré 55 fermetures de classes contre 18 ouvertures, une évolution suivie de près par François Delmas, directeur académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) dans les Vosges.

François Delmas, DASEN des Vosges, développe les conditions de confection de la carte scolaire
Crédit : Des propos recueillis par Zoé Thomas

Les chiffres clés de la rentrée 2026 dans l'académie de Nancy-Metz

  • 360 099 élèves attendus, dont 182 538 dans le premier degré et 177 561 dans le second degré (105 275 collégiens, 72 286 lycéens dont 24 918 en lycée professionnel)
  • 2 271 écoles et établissements scolaires
  • 29 186 professeurs des premier et second degrés
  • Taux de réussite 2026 : 81,1 % au diplôme national du brevet et 91,9 % au baccalauréat