Cure de magnésium à la rentrée : le réflexe santé qui finit trop souvent dans la cuvette

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Star incontestée des rayons de pharmacie à chaque rentrée, le magnésium ne se vaut pas d'une forme à l'autre et mal choisi, il finit plus souvent aux toilettes que dans l'organisme.

Publié : 1er septembre 2026 à 10h33 par
Magnesium

Chaque rentrée, c'est le même rituel : la boîte de magnésium file dans le sac à pharmacie, juste à côté des cahiers neufs. Un réflexe loin d'être infondé, puisque près de 3 Français sur 4 seraient en dessous des apports recommandés. Mais attention aux fausses bonnes idées : toutes les formes de magnésium ne se valent pas, et une partie finit... aux toilettes plutôt que dans l'organisme. Explications avec Maureen Paulius, pharmacienne responsable marketing au laboratoire ImmuBio.

Un rituel de rentrée bien ancré

Difficile de passer à côté : dès le mois de septembre, les ventes de magnésium en pharmacie s'envolent. Selon Newpharma, leader de la pharmacie en ligne en France, elles bondissent de près de 50 % entre le creux de l'été et le pic de rentrée. Plus d'un acheteur sur deux renouvelle même sa commande jusqu'à quatre fois dans l'année, avec un engouement particulièrement marqué chez la génération X.

Pourquoi ce réflexe revient-il chaque année à la même période ? Pour Maureen Paulius, plusieurs facteurs se cumulent : « La rentrée, c'est la reprise un peu pour tout le monde. Donc les organismes souvent sont un petit peu plus sollicités, on est plus fatigué, on peut être un peu stressé. Il peut y avoir éventuellement les excès de l'été qui font qu'on n'a pas eu les apports suffisants en divers nutriments qui sont essentiels au bon fonctionnement de notre corps. »

Un déficit bien réel, pas juste un effet de mode

Le engouement ne sort pas de nulle part. D'après l'étude SU.VI.MAX, 77 % des femmes et 72 % des hommes en France ont des apports en magnésium inférieurs aux recommandations. Un chiffre que la pharmacienne confirme sans détour, en pointant du doigt notre alimentation actuelle : « C'est un élément qu'on va retrouver dans des aliments bien spécifiques, je pense aux légumes, aux légumineuses, surtout à tout ce qui va être céréales et graines. Et ce sont des aliments qui ne sont pas toujours privilégiés dans l'alimentation, surtout de plus en plus aujourd'hui où les aliments sont beaucoup transformés. »

À cela s'ajoutent des sols appauvris par l'agriculture intensive, des régimes restrictifs et certains médicaments, qui contribuent tous à creuser le déficit.

Les symptômes qui doivent alerter : fatigue inhabituelle, nervosité, faiblesses musculaires, crampes, ou encore fourmillements. Autant de signaux qui peuvent traduire un manque de magnésium, sans qu'il soit possible de le confirmer par une simple prise de sang : le magnésium se loge en effet majoritairement dans les cellules, pas dans le sang. « Ce qui est recommandé, si les personnes souffrent de fatigue, de stress, c'est de directement consulter un professionnel de santé », rappelle Maureen Paulius. La pharmacie peut être une première porte d'entrée, avant une éventuelle réorientation vers un médecin.

Stress et magnésium, un cercle vicieux

Le stress de la rentrée n'arrange rien. Il existerait un lien direct entre le cortisol (l'hormone du stress) et l'élimination du magnésium par l'organisme. « Il semblerait qu'il y ait un lien établi entre le fait que quand on subit un fort stress, on va avoir une hausse du cortisol dans l'organisme, et il semblerait que ça augmenterait les fuites en magnésium au niveau des urines », explique la pharmacienne. Un mécanisme renforcé par les changements d'habitudes que le stress entraîne souvent : une alimentation moins soignée, par exemple, qui vient aggraver encore la carence. Résultat : un cercle vicieux difficile à interrompre sans agir sur les deux fronts à la fois.

Bisglycinate, citrate, marin, oxyde : attention aux étiquettes

C'est le point le plus important, et pourtant le moins connu du grand public : toutes les formes de magnésium ne sont pas absorbées de la même façon par l'organisme.

Les formes inorganiques (oxyde ou chlorure de magnésium) sont les plus courantes et se retrouvent en grande majorité dans ce qu'on appelle le « magnésium marin ». Problème : ce sont des formes peu solubles et peu absorbées, qui stagnent dans l'intestin et peuvent provoquer des effets laxatifs. « C'est pour ça que le terme magnésium marin, c'est aujourd'hui un terme marketing pur », tranche Maureen Paulius.

À l'inverse, les formes organiques comme le citrate, ou les formes chélatées comme le bisglycinate de magnésium, sont bien mieux tolérées et surtout bien mieux absorbées. « C'est une excellente forme de magnésium, qui est bien mieux absorbée, et qui permet d'éviter ces effets laxatifs qu'on peut avoir avec d'autres formes de magnésium », précise-t-elle. Une évolution que le marché commence d'ailleurs à suivre : les ventes de bisglycinate progressent d'année en année face au magnésium marin.

Comment bien choisir en pharmacie

Face à des rayons qui débordent, deux réflexes à avoir en lisant l'étiquette :

  • Vérifier le taux de « magnésium élément » : c'est le taux réel de magnésium présent dans le produit, une fois la molécule à laquelle il est lié (glycine, citrate...) retirée du calcul. Les apports journaliers recommandés tournent autour de 300 mg par jour, jusqu'à 360 mg chez la femme.
  • Privilégier une forme bien absorbée, comme le bisglycinate, plutôt qu'une forme bon marché mais peu efficace.

Une prise par jour suffit, la durée dépend des besoins

Longtemps, on conseillait de fractionner la prise entre le matin et le soir, essentiellement pour limiter les effets laxatifs des anciennes formes de magnésium. Avec les formes mieux tolérées comme le bisglycinate, une prise unique dans la journée peut suffire. « L'idée, c'est que si on a une prise par jour, on va avoir une meilleure observance, donc ça veut dire que la personne va avoir moins de risques d'oubli », souligne la pharmacienne.

Côté durée, pas de règle universelle : cela dépend des besoins et de l'intensité de la carence ressentie. On recommande généralement des cures de trois mois, à renouveler si besoin.

Les bons alliés du magnésium

Deux associations reviennent souvent en complément d'une cure de magnésium :

  • La vitamine B6, qui participe au métabolisme du magnésium et contribue à réduire la fatigue.
  • Les oméga-3, dont les apports alimentaires sont généralement bien trop faibles en France. Présents notamment dans les poissons gras, ils jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des membranes cellulaires, du cerveau, du cœur et de la vue.

La complémentation, en dernier recours

Malgré l'engouement autour du magnésium, Maureen Paulius rappelle une évidence trop souvent oubliée : la complémentation ne doit pas être le premier réflexe. « L'essentiel, de toute manière, c'est d'avoir une alimentation équilibrée, de bien dormir, de faire du sport, d'éventuellement apprendre à gérer son stress s'il y a besoin. La complémentation vient vraiment si on juge que les apports sont insuffisants. »

Autrement dit : avant de foncer sur la première boîte venue, mieux vaut d'abord regarder son assiette et vérifier, si besoin, la forme du magnésium et son dosage réel sur l'étiquette.

Les conseils de Maureen Paulius, pharmacienne au laboratoire ImmuBio
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang