Permis de conduire : malgré la pénurie d'inspecteurs, les Vosges attirent des candidats venus d'autres départements

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Alors que la pénurie d'inspecteurs du permis de conduire touche tout le territoire national, les Vosges s'en sortent mieux que la moyenne, avec des délais deux fois plus courts qu'ailleurs.

Publié : 1er septembre 2026 à 11h00 par
Permis de conduire : malgré la pénurie d'inspecteurs, les Vosges attirent d'autres départements

Deux mois, deux mois et demi maximum : c'est le délai actuel pour repasser le permis de conduire dans les Vosges en cas d'échec. Un chiffre qui peut sembler long, mais qui fait presque figure de privilège comparé à d'autres départements, où l'attente grimpe parfois à huit mois, dix mois, voire un an. En cause : une pénurie d'inspecteurs qui touche tout le territoire national, et que les Vosges parviennent, pour l'instant, à mieux encaisser que d'autres.

Une situation « plutôt pas mal », malgré les départs

Sur les sept inspecteurs du permis de conduire répartis dans le département, l'un d'eux, actuellement adjoint aux délégués, doit prochainement quitter les Vosges pour un poste ailleurs. D'autres départs, cette fois à la retraite, sont à prévoir dans les années à venir, sans être imminents. Carole Villemin, gérante de l'auto-école Carole à Saint-Dié-des-Vosges, se veut malgré tout rassurante : la situation, dit-elle, s'est améliorée par rapport à ce qu'elle était il y a quelques mois, même si le recrutement de nouveaux inspecteurs reste compliqué.

Et pour cause : devenir inspecteur du permis de conduire suppose de réussir un concours, interne ou externe, puis de suivre une formation obligatoire d'au moins neuf mois dans la seule école existante, à Nevers. Les nouvelles recrues sont ensuite affectées en priorité vers les départements jugés les plus en tension, à commencer par les grandes agglomérations comme Paris ou Marseille. Un système qui laisse les départements plus ruraux, comme les Vosges, dans une position particulière : moins prioritaires sur le papier, mais globalement mieux lotis dans les faits.

Des candidats venus de Paris, Lyon ou Dijon

Conséquence directe de ces écarts de délais entre départements : les auto-écoles vosgiennes reçoivent de plus en plus de demandes venues d'ailleurs. Des candidats de la région parisienne, mais aussi de Lyon ou, plus récemment, de Dijon, contactent régulièrement les auto-écoles vosgiennes pour tenter d'y être présentés à l'examen plus rapidement.

Une aubaine à double tranchant pour les établissements locaux. Reprendre un dossier venu d'un autre département pénalise en effet les élèves déjà engagés dans leur formation sur place. Le bureau de l'éducation routière des Vosges, salué par Carole Villemin pour son organisation, s'efforce d'obtenir un maximum de places d'examen pour les auto-écoles du département. Mais la priorité reste donnée aux élèves ayant démarré leur formation localement, ce qui conduit parfois les auto-écoles à refuser des candidats extérieurs.

Un recrutement « massif » réclamé

Face à cette situation, Carole Villemin appelle à un recrutement plus important d'inspecteurs du permis de conduire, afin de désengorger une file d'attente qui pèse sur un public souvent en recherche d'emploi ou de mobilité. Selon elle, un seul inspecteur supplémentaire suffirait à faire passer le délai vosgien de deux mois, deux mois et demi, à environ un mois, un mois et demi.

Une baisse de niveau qui complique la donne

À cette question du nombre d'inspecteurs s'ajoute, selon la gérante, une autre difficulté : le niveau des candidats a baissé ces dernières années. Il y a une dizaine d'années, les élèves présentés à l'examen l'étaient en moyenne après 22 à 26 heures de conduite. Aujourd'hui, cette moyenne est montée à 35 heures minimum, un chiffre que confirment, selon elle, l'ensemble des auto-écoles du département. Une évolution qu'elle attribue moins à un manque de motivation qu'à un manque d'implication des apprenants, rendant la formation plus longue et plus complexe à mener.

Le témoignage de Carole Villemin, gérante de l'auto-école Carole à Saint-Dié-des-Vosges
Crédit : Des propos recueillis par Juliette Schang