Errance médicale et endométriose : les centres hospitaliers du Grand Est réagissent
Le 2 juin 2026, les centres hospitaliers de Nancy, Reims et Strasbourg ont lancé EndoGrandEst, un dispositif de lutte contre l’endométriose. Le but est de soutenir la recherche sur cette maladie gynécologique et de faciliter l’accès aux soins pour les patient.es.
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« L’endromètre est un tissu qui se situe à l’intérieur de l’utérus. Il fabrique tous les mois des cellules pour accueillir une grossesse, qui sont ensuite éliminées lors des règles », introduit Elena Martin, gynécologue médicale au CHU de Nancy.
« L’endométriose, c’est lorsque ces cellules migrent en dehors de l’utérus par les trompes pour se fixer au niveau de l’abdomen. Au moment des saignements pendant les règles, ces lésions vont saigner dans le ventre, ce qui génère des douleurs», explique-t-elle. Cette pathologie chronique touche environ 10 % des femmes. Pourtant, selon le CHU de Reims, le délai moyen pour se faire diagnostiquer est de 7 ans.
Difficulté pour trouver des soignants sensibilisés
Si la maladie est sujette à l’errance médicale, cela s’explique, d’après la gynécologue, par un accès aux soignants limité. Ce phénomène est d’autant plus marqué dans les petites communes : « Dans les grandes villes, on a plus facilement accès à une consultation avec une sage-femme ou un.e gynécologue.», souligne -t-elle. La spécialiste pointe également du doigt l'impossibilité de trouver un professionnel spécialisé ou sensibilisé à l’endométriose dans les déserts médicaux.
Pour pallier ces manquements, la région s’organise. Le 2 juin, trois centres hospitaliers implantés dans le Grand Est, à Nancy, Strasbourg et Reims, se sont mobilisés pour créer le dispositif EndoGrandEst. Son objectif est de soutenir la recherche sur l’endométriose et de faciliter l’accès aux soins.
Les mesures pour accompagner
Le dispositif met l’accent sur la prise en charge des cas complexes et l’organisation de réunions de concertation pluridisciplinaires. Un travail collectif nécessaire pour la professionnelle : « Ces réunions permettront de discuter des cas les plus complexes entre plusieurs disciplines. Il s’agit de renforcer la coordination entre les professionnels de santé. Par exemple, au CHU de Nancy, les patientes bénéficient d’une prise en charge pluridisciplinaire après avoir été opérées. Souvent, l’équipe est composée d’un.e chirurgien.nne gynécologue, d’un.e chirurgien.nne digestif et, si besoin, d’un.e urologue. »
Parmi les actions envisagées, Elena Martin a également évoqué la création d’un annuaire de l’endométriose, accessible à tous. Le principe est de répertorier les professionnels de santé spécialisés dans l’endométriose. Ceux-ci pourront alors s’y inscrire afin de permettre aux patient·es de trouver plus facilement des médecins spécialisés et ainsi lutter contre l’errance médicale.
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