Formation professionnelle et apprentissage : la Région Grand Est suspend sa participation aux instances de gouvernance avec l'État
Face à ce qu'elle qualifie de désengagement brutal de l'État dans le financement de la formation professionnelle et de l'apprentissage, la Région Grand Est a décidé de suspendre sa participation aux instances de gouvernance de l'emploi qu'elle copréside avec l'État. Une décision accompagnée d'une tribune collective signée par plus de 50 acteurs économiques, consulaires et institutionnels du Grand Est.
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La Région Grand Est hausse le ton. Dans un communiqué diffusé ce 21 septembre, elle annonce suspendre sa participation au Comité régional pour l'emploi, aux Comités locaux pour l'emploi, au Comité régional de l'emploi, de la formation et de l'orientation professionnelles, ainsi qu'à la Conférence sociale. Une décision présentée comme politique, destinée à dénoncer des choix budgétaires pris, selon elle, sans concertation.
En cause : la trajectoire des financements de l'État pour le Pacte régional d'investissement dans les compétences, qui doit être supprimé en 2027. Pour le Grand Est, les crédits attendus sont ainsi passés de 60 millions d'euros initialement prévus à 40 millions en 2026, avant de disparaître totalement l'année suivante. Même tendance du côté de l'apprentissage : la dotation régionale, qui s'élevait à 17,1 millions d'euros, a été ramenée à 7 millions puis à 2,1 millions d'euros en 2026, avec une suppression annoncée pour 2027.
Pour la Région, ces arbitrages dépassent la seule question budgétaire et touchent l'ensemble d'un écosystème : organismes de formation, CFA, entreprises, partenaires sociaux, collectivités et, en premier lieu, jeunes et demandeurs d'emploi. Elle rappelle avoir investi près de 100 millions d'euros dans les CFA du Grand Est depuis 2021, entre soutien au fonctionnement, financement d'équipements pédagogiques et accompagnement de projets immobiliers.
« Derrière ces décisions budgétaires, il y a des réalités très concrètes : des jeunes qui cherchent une qualification, des demandeurs d'emploi qui veulent retrouver une perspective professionnelle et des entreprises qui peinent déjà à recruter », déclare Valérie Debord, première vice-présidente de la Région Grand Est en charge de la formation et de l'apprentissage, qui appelle l'État à « rétablir un dialogue responsable ».
Franck Leroy, président de la Région, insiste de son côté sur la réciprocité attendue du partenariat avec l'État : « Un partenariat avec l'État ne peut pas être à sens unique. Lorsque des engagements sont remis en cause sans concertation et que les moyens disparaissent, nous avons le devoir de le dire clairement. »
Une tribune signée par plus de 50 acteurs du Grand Est
Cette prise de position s'accompagne d'une tribune collective, cosignée par la Région aux côtés d'acteurs économiques, consulaires, institutionnels, d'organismes de formation et de représentants d'entreprises et de salariés du Grand Est. Le texte alerte sur la réduction de 88 % des dotations de l'État aux Régions pour le développement de l'apprentissage, décidée selon les signataires sans concertation préalable. Pour 2027, le gouvernement aurait déjà annoncé la suppression de l'enveloppe allouée aux Régions ainsi que le non-renouvellement des programmes régionaux d'investissement dans les compétences (PRIC).
Parmi les exemples d'investissements cités par la tribune : l'extension du CFA BTP de l'Aube à Pont-Sainte-Marie, l'équipement du CFAI de Bar-le-Duc pour les métiers de l'industrie, ou encore l'extension du CFA hôtellerie-restauration de Colmar.
« Réduire l'effort collectif en faveur de l'apprentissage, c'est renoncer à l'ascenseur social et prendre le risque de décourager les jeunes qui cherchent une voie concrète vers l'emploi », écrivent les signataires, parmi lesquels figurent notamment le MEDEF Grand Est, la CFDT Grand Est, l'UNSA Grand Est, la Chambre des Métiers d'Alsace, plusieurs CCI du territoire ainsi que de nombreux directeurs de CFA et de Maisons familiales rurales.
La tribune appelle le gouvernement à revenir rapidement sur ces arbitrages et à ouvrir un dialogue avec les parlementaires et l'ensemble des parties prenantes afin de sécuriser le financement de l'apprentissage.
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