Grands prédateurs : aides aux éleveurs et recrutement de louvetiers, les préfectures passent à l'action

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Face à la progression du loup et aux dégâts croissants sur les exploitations agricoles, deux préfectures du Grand Est se mobilisent avec des dispositifs concrets.

Publié : 13h35 par
Un troupeau de brebis dans le Bassigny protégé par des chiens de protection
Un troupeau de brebis dans le Bassigny protégé par des chiens de protection. Crédits : Préfecture de la Haute-Marne

La préfecture des Vosges ouvre les demandes d'aide à la protection des troupeaux, tandis que la préfecture de la Haute-Marne recrute de nouveaux lieutenants de louveterie.

Vosges : jusqu'au 31 juillet pour demander une aide contre la prédation du loup

Les exploitants agricoles des Vosges confrontés à la menace du loup ont jusqu'au vendredi 31 juillet 2026 à minuit pour déposer leur demande d'aide à la protection de leurs troupeaux et de leurs exploitations.

Pour les exploitants éligibles à l’aide, les dossiers sont à soumettre en ligne via la plateforme Safran, accessible depuis la page d'accueil de TéléPAC ou directement à l'adresse : https://safran-formation.agriculture.rie.gouv.fr/aides/#/asp/.

Pour les éleveurs moins à l'aise avec le numérique, un imprimé papier téléchargeable est également disponible sur le site du ministère de l'Agriculture : https://agriculture.gouv.fr/aides-contre-la-predation ou directement à la Direction départemental des territoires.

Une assistance disponible pour accompagner les démarches

L'Agence de services et de paiement (ASP) propose un service d'assistance gratuit pour l'application SAFRAN, joignable du lundi au vendredi de 8h30 à 21h00 (dernier appel pris à 20h45) au 09 74 99 74 41.

Les exploitants peuvent également contacter directement la Direction départementale des territoires (DDT) des Vosges :

Toutes les informations relatives à la protection des troupeaux contre la prédation sont par ailleurs consultables sur : https://www.vosges.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Agriculture-Foret/Loup-et-pastoralisme/Protection-des-troupeaux .


Haute-Marne : appel à candidature pour renforcer l'équipe de louvetiers

En parallèle, la préfecture de la Haute-Marne lance un appel à candidature pour recruter de nouveaux lieutenants de louveterie, ouvert jusqu’au 1er juin prochain. L'objectif : étoffer les rangs de ces agents bénévoles face aux dégâts croissants sur les cultures agricoles et aux prédations sur les élevages.

Un rôle clé au service de la sécurité publique

Les louvetiers sont des conseillers techniques de l'administration, nommés par le préfet. Leur mission : intervenir pour la destruction d'animaux susceptibles de causer des dégâts à l'agriculture, contribuer à la régulation des grands prédateurs et participer à la protection des troupeaux domestiques. Assermentés et commissionnés, ils exercent leur activité sur une circonscription, avec neutralité et réserve. Ils peuvent également constater les infractions à la police de la chasse dans leur circonscription.

Ces fonctions sont exercées à titre entièrement bénévole : les lieutenants de louveterie ne sont ni défrayés ni rémunérés. Le mandat court jusqu'au 31 décembre 2029, renouvelable pour cinq ans.

Les conditions pour candidater

Pour postuler, les candidats doivent notamment :

  • être de nationalité française,
  • résider en Haute-Marne ou dans un canton limitrophe,
  • avoir au plus 75 ans à la fin du mandat (31/12/2029),
  • jouir de leurs droits civiques et présenter un casier judiciaire vierge,
  • être en bonne condition physique,
  • être titulaires du permis de chasser depuis au moins cinq ans,
  • justifier d'une bonne connaissance cynégétique.

Comment déposer sa candidature ?

Le dossier de candidature est à télécharger sur www.haute-marne.gouv.fr (Actions de l'État > rubrique chasse), puis à retourner avant le 1er juin 2026 à :

Direction départementale des territoires de la Haute-Marne Service environnement et forêt – 82, rue du commandant Hugueny – CS 92087 – 52903 Chaumont cedex 9 ou par email : ddt-sef@haute-marne.gouv.fr

 

Ces deux dispositifs témoignent d'une mobilisation croissante des pouvoirs publics face à l'expansion des grands prédateurs dans l'Est de la France, et de la nécessité d'outiller concrètement les éleveurs et les territoires pour y faire face.


Visite de terrain dans le Bassigny

Le 6 mai dernier, Régine Pam, préfète de la Haute-Marne, accompagnée de Vincent Montibert, chef du service départemental de l'Office français de la biodiversité (OFB), s'est rendue sur l'exploitation d'un éleveur de moutons dans le Bassigny, durement touché en décembre 2025 par des attaques de loup sur son troupeau de brebis. Face à cette menace, l'éleveur a réagi rapidement en installant des clôtures électriques fixes et mobiles, avant de passer plusieurs nuits dans le froid pour surveiller ses animaux. Il a finalement opté pour une solution de protection complémentaire : l'accueil de chiens de protection au sein de son troupeau.

Ces chiens, qui naissent et grandissent aux côtés des ovins, développent naturellement un lien fort avec eux et apprennent à les défendre. Grâce à leur odorat affûté et leur capacité à analyser le comportement du troupeau, ils détectent le danger à distance et aboient puissamment pour dissuader tout prédateur ou intrus. Lors de la visite, le « mâtin espagnol » de l'éleveur est venu à la rencontre de la délégation, fidèle à ses instincts : se positionner entre le risque potentiel et les animaux qu'il protège. De forte carrure, ce chien constitue un moyen de dissuasion particulièrement efficace contre le loup. Les éleveurs souhaitant s'équiper peuvent bénéficier d'une aide financière de l'État pour l'achat et l'entretien de ces chiens de protection.

Quelques consignes à rappeler

Toutes les parcelles gardées par des chiens de protection sont clôturées. Ces animaux de travail ne doivent en aucun cas être approchés ou dérangés : ce ne sont pas des chiens de compagnie.

Les chiens de protection ne doivent pas être approchés ou dérangés
Les chiens de protection ne doivent pas être approchés ou dérangés. Crédits : Préfecture de la Haute-Marne

Des mesures renforcées en Meuse

La préfecture de la Meuse avait également réagit début mai. En une semaine, quatre exploitations agricoles avaient été attaquées entre Bar-le-Duc et Saint-Mihiel. Face à cette recrudescence soudaine, la préfecture de la Meuse avait annoncé lundi 4 mai des mesures renforcées, dont la formation de louvetiers autorisés à tirer de nuit. Plus d'informations ici : https://www.magnumlaradio.com/recrudescence-d-attaques-de-loup-dans-la-meuse-la-prefecture-reagit .